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PROPERCE (~57 env.-env. ~15)

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3.  De l'amour et de l'art

On trouve chez ce poète de l'amour tous les moments de la passion, et non de la seule passion éprouvée par le poète ; ainsi ce curieux poème (I, x) où Properce chante le bonheur de son ami Gallus, au cours d'une nuit d'amour dont il avait été lui-même le témoin. Ce sont les poèmes du bonheur : Properce est aimé de Cynthia, et les préceptes affirmés comme autant de certitudes sont l'expression de ce bonheur de l'amant comblé. Mais Cynthia est infidèle : elle ne se considère pas comme liée par son amour pour le poète, elle se donne à d'autres ; viennent alors les poèmes de la jalousie, ou plutôt du désespoir amoureux, l'affirmation que Properce, lui, gardera sa fides, sa loyauté à celle qui ne saurait, croit-il, manquer de lui revenir. Peu à peu, cet amour prend une dimension presque divine : Cynthia n'est plus une femme ordinaire, elle est comparée aux grandes héroïnes de la légende, aux archétypes des grands mythes amoureux. Ce qui confère à cet amour une sorte d'immortalité. Il occupe exclusivement l'âme du poète qui, pour rester fidèle à son amie, renonce à tout ce qui fait la vie d'un Romain : assurer sa descendance, sa gloire, sa fortune. Tibulle proclamait déjà un tel renoncement, Properce reprend le thème. Poète artiste, il dissimule les sutures entre l'inspiration personnelle et le métier. Disciple avoué de Callimaque, il recourt aux procédés de la poésie alexandrine non seulement dans les pièces du livre IV, consacrées aux antiquités romaines (Jupiter Férétrien, Tarpéia, l'autel d'Hercule, Vertumne, etc.), mais aussi dans la poésie amoureuse. Ainsi la comparaison de Cynthia avec les héroïnes du passé légendaire reprend-elle, à travers l'élégie narrative alexandrine, peut-être un thème hésiodique, celui du « catalogue des femmes ». Cette formalisation littéraire de la passion, Properce en est fier. C'est surtout à partir du livre III, et peut-être en se situant par rapport à Horace, qui achève alors les trois premiers livres des Odes, qu'il paraît avoir pris conscience de cette originalité. À ce moment, l'inspiration amoureuse commence à s'épuiser chez lui, et il veut trouver place dans la cohorte des poètes du cercle de Mécène. Mais quelques tentations d'imiter Virgile devaient le convaincre que sa vocation était plus modeste. Cynthia d'abord, présente dans le livre IV, meurt, mais son ombre poursuit le poète, venant lui affirmer que, en dépit de toutes les trahisons, elle lui a gardé sa fidélité. D'où une élégie amoureuse, l'une des dernières de l'œuvre, à la fois épilogue d'une longue passion et « descente aux enfers », qui n'est pas sans se souvenir du livre VI de L'Énéide.

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Dans le chapitre "Cet empire qui va naître"  : …  Latium. Ici encore, le mythe de l'âge d'or a sa place, cette fois dans l'âme plus que dans la cité. *Properce, un peu plus jeune que Tibulle, apporte dans ses vers les visions de son pays d'Assise et le souvenir de la guerre civile. Mais son premier livre est tout entier inspiré par l'amour de Cynthia. Comme Tibulle, il préfère la jeune femme à ses… Lire la suite

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