Passé dans le vocabulaire politique international, le terme de pronunciamiento désigne en Espagne et en Amérique latine un coup d'État militaire qui fait appel à l'opinion publique ; l'auteur du coup d'État « prononçait » un discours qui marquait une prise de position politique partagée par la population, mais que celle-ci ne pouvait ou ne voulait pas exprimer. Ces coups d'État sans grande préparation matérielle se passaient souvent sans violence, se limitant à la destitution de ministres et d'officiers supérieurs, à la suspension de la Constitution en vigueur et à la prise du pouvoir central. Tout au long des xixe et xxe siècles, se succédèrent en Espagne les pronunciamientos libéraux (Riego, 1820), puis conservateurs (entre autres : Espartero, 1840 ; O'Donnel, 1854 ; Primo de Rivera, 1923), et enfin, le 18 juillet 1936, celui des généraux Mola et Franco qui déclencha, contrairement à ceux qui l'avaient précédé, une violente guerre civile.
Charles LESELBAUM
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