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S.T.O.C. PROGRAMME

Depuis 1989, un programme d'observation d'oiseaux, appelé S.T.O.C. (suivi temporel des oiseaux communs), qui s'appuie sur un réseau d'amateurs déployé sur l'ensemble de la France, a permis de tester et d'améliorer un protocole de suivi des populations ainsi que de développer une démarche de science participative par la contribution d'observateurs bénévoles. Cette expérience a été étendue à d'autres groupes d'espèces (papillons, chauves-souris, escargots, bourdons...). 

S.T.O.C. a été conçu pour évaluer les variations spatiales et temporelles de l'abondance des populations d'oiseaux communs nichant sur le territoire français. Chaque observateur est responsable d'une zone de deux kilomètres sur deux kilomètres qui est attribuée au hasard dans un rayon de dix kilomètres autour du centre de la commune de l'observateur. Il y détermine dix « points » de comptage répartis de manière homogène et tenant compte des différents habitats présents. Chaque printemps, deux relevés de cinq minutes, espacés d'au moins quatre semaines, doivent être effectués à chaque poste d'observation. Toutes les espèces vues ou entendues sont alors inventoriées ainsi que les habitats présents. Près de 1 000 zones sont ainsi suivies chaque année en France, les données obtenues étant ensuite saisies sur Internet. 

Si 250 espèces sont observées chaque année, seules les données d'une centaine d'entre elles ont pu être utilisées pour estimer les variations des populations depuis 1989 ainsi que les évolutions par grands groupes d'habitat. En vingt ans, la France a perdu, en moyenne, 10  p. 100 de ses oiseaux communs. Parmi eux, les oiseaux spécifiques aux milieux agricoles, tels que l'alouette des champs, et ceux liés aux milieux urbains, comme le verdier, ont le plus soufferts avec une baisse de 20  p. 100 pour chacun de ces deux groupes. Quant aux oiseaux forestiers (bouvreuil pivoine par exemple), 11  p. 100 ont déjà disparu. En revanche, les espèces généralistes, c'est-à-dire capables de vivre dans différents types de biotopes, ont augmenté de 20  p. 100.

Ces indicateurs, très appréciés des politiques et des médias, sont également disponibles au niveau européen puisque de nombreux pays sont impliqués dans le recensement des oiseaux. On sait ainsi qu'en Europe les oiseaux agricoles ont subi une perte de 50  p. 100 depuis 1980.

Des analyses intégrant les besoins écologiques des espèces évaluent aussi l'impact des différentes pressions exercées sur les animaux et leur milieu. Ainsi, il apparaît que 75  p. 100 des oiseaux étudiés sont affectés négativement par le changement climatique alors qu'un quart en bénéficie.

L'intégration de ces indicateurs dans les stratégies européenne et française pour la biodiversité est la preuve de l'efficacité des efforts conjoints des amateurs et des chercheurs depuis vingt ans. Il n'en reste pas moins que le suivi de la biodiversité est un vaste chantier dont la pérennité doit être assurée.

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