2. Rôle des facteurs de transcription
Historiquement, la première question qui s'est posée était de savoir si, au cours de la différenciation cellulaire, les différents types de cellules perdent certains gènes de façon différentielle ou si, au contraire, toutes les cellules gardent tous les gènes présents dans l'œuf, leur expression étant différente selon les types cellulaires. La réponse à cette question a été clairement fournie dans les années 1960 par l'équipe de John Gurdon, embryologiste moléculaire à l'université de Cambridge, en Grande-Bretagne. Le principe de ses expériences, réalisées sur une espèce de crapaud sud-africain, Xenopus laevis, est de retirer le noyau d'un œuf et de le remplacer par le noyau d'une cellule différenciée, en l'occurrence d'une cellule intestinale de têtard. Ainsi transformé, l'œuf se développe normalement pour former un têtard viable capable de se métamorphoser. Cela indique donc que le noyau de la cellule intestinale (bien qu'elle soit différenciée) comporte toujours tous les gènes qui étaient présents dans l'œuf. La différenciation met donc en jeu non pas une élimination différentielle de gènes, mais bien une expression différentielle des gènes.
Comme nous l'avons vu, la partie codante d'un gène est généralement entourée par des parties non codantes qui participent à la régulation de son expression. On distingue, en amont immédiat de la séquence codante, une séquence dite « promotrice », qui contient des sites de fixation pour l'ARN polymérase, et un certain nombre de facteurs, dits « facteurs généraux de transcription ». Ces acteurs moléculaires assurent un taux basal moyen de transcription qui est susceptible d'être modulé à la hausse ou à la baisse par d'autres facteurs de transcription, dits spécifiques (fig. 2). Ce sont ces facteurs que l'on suppose être responsables de la régulation différentielle de l'expression des gènes. Les facteurs de transcription spécifiques se fixent sur des séquences d'ADN particulières, appelées « séquences co […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 12 pages…



