2. Exigences d'une explication nouvelle
L'idée selon laquelle, le profit global ayant pour origine la somme des profits individuels, il suffit d'expliquer ces derniers pour comprendre l'ensemble du phénomène est une idée insuffisante et, à la limite, inexacte. On ne comprend pas pourquoi, en effet, la somme des profits réalisés par certains agents n'est pas compensée par la somme des pertes subies par d'autres agents, les pertes désignant, ici, soit les diminutions d'actif net du groupe des titulaires de profit, soit les baisses du niveau de vie des autres groupes sociaux. La question première consiste donc à se demander pourquoi une économie, dans son ensemble, toutes compensations faites, est en mesure de dégager un surplus.
• Origines du surplus global
Quatre causes principales expliquent l'existence d'un surplus global dans un système économique donné.
La cause originelle tient à la productivité du travail de l'homme. Normalement, cette productivité est telle que, physiquement, la quantité de biens produits dépasse les quantités de biens consommés aux fins de production. Cela coïncide avec ce que J. Ullmo appelle l'« enrichissement » d'une collectivité, l'une des sources du profit pour cet auteur. Cet enrichissement correspond à une « plus-value collective » et on pourrait l'attribuer à un « surtravail d'ensemble ». Si cette plus-value collective est un fait d'observation constante, il n'est pas obligatoire qu'elle se concrétise sous forme de biens de production. Elle peut prendre des aspects très divers tels que la création de biens affectés à des usages religieux (temple, sacrifices), à des consommations ostentatoires, bref des utilisations qui n'ont pas pour fin la reproduction des biens.
Lorsque cette plus-value collective prend la forme de biens de production, c'est-à-dire d'investissements, on rencontre, alors, une seconde source du surplus global ou plus exactement, cette fois-ci, de son accroissement : il s'agit de l'accumulation capitalistique. Depuis l'analyse d […]
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