2. Aléas de la procréation naturelle
Comme chez tous les mammifères, la fécondation est interne dans l'espèce humaine. C'est donc l'organisme féminin qui est le lieu de la procréation. Le rôle biologique de l'homme se limite à la production de spermatozoïdes et à l'insémination, c'est-à-dire l'acte de déposer ces spermatozoïdes dans les voies génitales féminines ; le rôle de la femme est beaucoup plus vaste puisqu'il comprend la production des ovules, la fécondation, le développement de l'embryon, puis du fœtus, jusqu'à la naissance, l'allaitement et les soins postnatals. On doit donc reconnaître la suprématie féminine dans la procréation, non seulement parce que l'organisme féminin en est le cadre exclusif mais aussi parce que l'ovule participe davantage que le spermatozoïde à la conception : il apporte les réserves nécessaires au début du développement (jusqu'au troisième jour) et, grâce à ses mitochondries, il contient des organites cellulaires qui sont le support d'une information génétique distincte...
L'espèce humaine se singularise par la faible efficacité de sa procréation. On ignore la fréquence des conceptions qui n'aboutissent pas à une grossesse diagnostiquée car il existe des avortements précoces pour lesquels la conception reste indétectable. Cependant on constate que c'est seulement une fois sur quatre que le cycle féminin, quand il est exposé au risque de procréation, est à l'origine d'une naissance. On peut citer quelques-uns des phénomènes qui expliquent ce résultat. Contrairement aux animaux chez lesquels l'accouplement est réservé aux périodes fécondes de la femelle, les rapports sexuels des hommes et des femmes sont soumis aux aléas du psychisme plutôt qu'aux automatismes de la physiologie, d'où l'inefficacité de la plupart de ces rapports, en termes de conception. On estime en effet que les spermatozoïdes ne survivent que deux ou trois jours après l'éjaculation tandis que l'ovule ne serait fécondable que dans les vingt-quatre heures qui suivent l'ovulatio […]
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