2. Le maître néo-platonicien et ses œuvres
La source principale de la connaissance de Proclus est sa biographie rédigée par son disciple Marinos. C'est un panégyrique qui insère tant bien que mal les faits et gestes du maître dans la hiérarchie néo-platonicienne des vertus. Proclus n'y apparaît pas seulement comme un sage, mais comme un saint, dont la piété est illustrée par de nombreux prodiges. Proclus est né à Byzance. Mais ses parents, étant originaires de Xanthos, en Lycie, le ramènent tout jeune en leur patrie. Il y reçoit sa première formation. Il poursuit ses études à Alexandrie, et, avant sa vingtième année, il se rend à Athènes afin de parfaire sa culture philosophique. C'est là qu'il est initié à « la mystagogie de Platon » par Plutarque et par Syrianos, à qui il succédera. Devenu maître de l'école platonicienne d'Athènes, il ne quittera plus cette cité, sauf pendant une année qu'il passera en Lydie, afin d'apaiser, semble-t-il, des oppositions politiques. Il est tout dévoué à ses élèves, mais la multiplicité de ses cours ne l'empêche pas de rédiger de nombreux ouvrages. Il est resté célibataire pour consacrer plus de temps à l'étude. Au surmenage intellectuel, il ajoute les pratiques austères que lui inspire son éclectisme religieux. Il meurt âgé de soixante-treize ans et est enterré auprès de Syrianos, au pied du Lycabette.
Une partie notable de l'œuvre de Proclus est perdue. Mais ce qui reste est considérable, notamment le résumé d'un manuel abrégé de littérature (Chrestomathie), un petit traité de physique (Institutio physica), un ouvrage d'astronomie (Hypotyposis astronomicarum positionum) et des Hymnes religieux ; comme ouvrages philosophiques subsistent deux traités : l'un bref et dépouillé, écrit more geometrico (comme L'Éthique de Spinoza), les Éléments de théologie ; l'autre assez étendu et récapitulant la métaphysique entière de l'auteur, la Théologie platonicienne. Viennent ensuite six commentaires : sur le Parménide, le Timée, l'Alcibiade, la République, le Cratyle, le livre Ier des Éléments d'Euclide ; enfin, quelques fragments de notes sur les Oracles chaldaïques. Ajoutons les trois opuscules sur la Providence et le mal (De decem dubitationibus circa Providentiam, De Providentia et fato, De malorum subsistentia).
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