5. Aspects génétiques
Les idées se rapportant au registre de la probabilité subjective ne surgissent pas toutes faites du cerveau de l'adulte, mais connaissent une longue histoire dont les débuts se situent dans la première enfance. Jusqu'à l'adolescence, on constate une régression graduelle des éléments subjectifs et une convergence corrélative vers les interprétations objectives, encore que le subjectif ne perde jamais entièrement ses droits. Cette convergence est imputable partiellement à la maturation et partiellement aux effets de l'apprentissage, ces derniers fournissant une connaissance des résultats et donc un renforcement. Vers l'âge de cinq ans, l'enfant utilise des mots comme « probablement » et d'autres expressions tirées du sous-langage de l'incertitude, pour indiquer, ne fût-ce que de façon ordinale, la probabilité subjective qu'il attribue à une possibilité particulière (par exemple, la possibilité que son jouet se trouve dans telle chambre ou dans telle autre). On peut mettre en évidence à ce propos des stades de développement que servent à illustrer les notions d'indépendance et de distribution.
• Indépendance
D'une urne, dont on dit au sujet qu'elle contient des jetons bleus et des jetons jaunes, on extrait l'un après l'autre trois jetons, apparemment au hasard, deux de ceux-ci ayant la même couleur et le troisième l'autre couleur. La tâche du sujet consiste à deviner la couleur du quatrième jeton à extraire. De six à quinze ans, la tendance à prédire, pour le jeton suivant, la couleur non prépondérante diminue de façon régulière, tandis que s'affirme la tendance à déclarer que le quatrième jeton pourrait avoir indifféremment l'une ou l'autre couleur. Autrement dit, dans ces conditions, l'« effet négatif de récence » diminue avec l'âge.
Plus généralement, les enfants de moins de sept ans qui doivent prédire le résultat d'un événement binaire, au cours d'une série d'essais avec connaissance des résultats, ont tendance à prévoir B quand l'événement précédent […]
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