Faveurs juridiques par lesquelles le droit de l'Église, se montrant soucieux des personnes, permet d'adapter la loi générale à des situations particulières ou de combler ses lacunes. À certaines époques, les privilèges accordés à des individus ou à des institutions ont été très florissants. L'Église en a obtenu d'autres de la part des autorités civiles, estimant que c'était pour elle une condition juridique essentielle pour exercer sa mission spirituelle et pour garder ou préserver, au milieu des autres sociétés humaines, son caractère propre. C'est ainsi que les concordats établissaient ou reconnaissaient à l'Église une situation propre et plus ou moins avantageuse par rapport aux lois du pays. Parmi les privilèges figurant dans le droit canonique, il faut mentionner les immunités et exemptions des clercs, les privilèges des évêques et des cardinaux, ceux du pape et surtout ceux des religieux. Beaucoup de ces privilèges concernaient d'ailleurs l'exercice des fonctions et n'avaient pas d'abord un caractère privé.
À l'époque actuelle, l'importance de ces privilèges décroît. On insiste plutôt sur une certaine égalité entre tous les membres du peuple de Dieu, ainsi que sur la nécessité d'élaborer de manière plus adéquate le statut des fonctions. En de nombreuses nations, d'ailleurs, l'Église préfère s'appuyer sur les libertés d'opinion et de réunion que la plupart des États ont inscrites dans leur constitution plutôt que sur des statuts particuliers qui ne peuvent que la rendre dépendante des gouvernements locaux.
Jean PASSICOS
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