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PRIVAT GEORGES dit JO (1919-1996)

Grande vedette de l'accordéon traditionnel, Jo Privat demeura, jusqu'à ses derniers moments, un défenseur acharné de la chanson populaire française, qu'il voulait préserver de l'influence anglo-américaine. Il mena cette lutte en participant très efficacement à des rencontres et à des prestations à l'occasion desquelles il donnait le maximum de lui-même pour faire revivre la grande tradition du musette et des guinguettes. Nommé en 1992 président d'honneur de l'association Culture-Guinguette (fondation Francis-Bauby), il put assister au renouveau que ce mouvement a suscité auprès d'une jeunesse enthousiaste et voir à Paris et sur les bords de la Marne la réouverture de ces établissements.

Georges, dit Jo, Privat, naît le 15 avril 1919 à Paris dans le populaire XXe arrondissement. Il passe son enfance dans un quadrilatère inscrit entre le boulevard de Ménilmontant, la rue de Ménilmontant, la rue des Pyrénées et l'avenue Gambetta. Il commence à jouer de l'accordéon à douze ans. Il se fait entendre chez Marius, au bal du Petit Jardin puis au Balajo, fondé par Jo France et Jo Lallemand, repreneurs du bar Vernet, au numéro 9 de la rue de Lappe (à deux numéros du célèbre bal Bousca), qui va devenir son port d'attache de 1936 à 1973 et dont il sera la vedette incontestée. Il rencontre Django Reinhardt et se fait accepter par les gens du voyage. Ses plus beaux enregistrements seront réalisés avec des musiciens manouches – Baro Ferret, entre autres –, ce qui lui vaudra le surnom de « Gitan blanc ». Un nouveau style de composition, traditionnel dans la forme mais beaucoup plus souple dans la modulation mélodique, un phrasé personnel, donnant à ses compositions, surtout les valses, une ambiance nostalgique chère au romantisme du xixe siècle, vont l'imposer durant un demi-siècle, de 1940 à 1990, comme le chantre du genre musette. Jo Privat use de toute son influence pour s'opposer aux « nouvelles musiques » qui, en fait d'art populaire, recherchent surtout des débouchés commerciaux en remplaçant les orchestres par des « machines à sons ». Mais il ne néglige par pour autant les accents du jazz.

Parmi ses compositions (plus de cinq cents), on retiendra évidemment Balajo, valse composée en 1939, mais aussi Nuit blanchePapillons noirsMystérieuseLa RitaleLa FolleDinalie mineure.

« L'empereur de la rue de Lappe » meurt à Bry-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, le 3 avril 1996. Durant cinquante ans, il aura défendu la cause du musette ainsi que le droit de parler, de penser et de respirer parisien.

On pourra consulter : C. Lépidis, Monsieur Jo : roman d'une vie, Le Pré aux Clercs, Paris, 1986 et P. Monichon, L'Accordéon, Van de Velde-Payot, Paris-Lausanne, 1985.

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