2. Revenir, manger, raconter
Primo Levi traverse toute cette souffrance alors qu'il a à peine vingt-cinq ans.
La dernière étape de son calvaire se déroule durant l'hiver 1944-1945. La maladie lui permet d'éviter l'évacuation à Buchenwald, durant laquelle vingt mille autres prisonniers périssent presque tous.
Libéré le 27 janvier 1945 par les troupes russes, il rejoint le camp de triage de Katowice où il travaille comme infirmier. De juin à octobre, il entreprend un périple à travers l'Europe (Russie, Roumanie, Hongrie, Autriche) qui le ramène enfin à Turin. Il racontera plus tard les péripéties de ce retour dans La Trêve (La tregua, écrit en 1962 et publié en 1963).
Durant les années qui suivent la fin de la guerre, il rédige fébrilement son témoignage et le propose à la maison d'édition Einaudi qui le refuse. Une première version de Si c'est un homme paraît en 1947 chez l'éditeur De Silva. Les critiques sont élogieuses, mais le livre ne connaît guère d'écho. Primo Levi décide alors de se consacrer entièrement à la profession de chimiste et devient directeur d'une petite usine de vernis près de Turin. Il épouse Lucia Morpurgo, qui lui donnera deux enfants.
Soutenu par le romancier Italo Calvino, il réussit en 1956 à rééditer Si c'est un homme chez Einaudi, qui devient désormais l'éditeur italien de tous ses écrits. Son récit est traduit en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en France et en Allemagne.
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