Né à Turin en 1919, Primo Levi appartient à une famille cultivée de la bourgeoisie juive. Après des études secondaires conduites au lycée Massimo d'Azeglio, il opte pour les sciences et passe en 1941 un diplôme de chimie à l'université de Turin. Il s'installe ensuite à Milan où il travaille pour une société pharmaceutique suisse. En 1943, après la chute du régime et l'arrestation de Mussolini, il trouve refuge dans les montagnes du val d'Aoste où il tente de rejoindre un groupe de maquisards. Dénoncé, il est arrêté le 13 décembre par la milice fasciste. Échappant à l'accusation de résistance qui l'aurait conduit devant le peloton d'exécution, il est identifié comme Juif et transféré dans le camp de concentration de Fossoli, près de Modène. Il est interné en février 1944 dans le Lager de Buna-Monowitz (Auschwitz III). Là, il doit sa survie au fait qu'à partir de 1943 l'armée allemande, en perte de vitesse, a de plus en plus besoin de main-d'œuvre. Or sa formation de chimiste le rend apte à travailler pour l'usine de caoutchouc (Buna) située dans le périmètre d'Auschwitz, véritable agglomération comprenant plus de trente camps de concentration.
1. Le prisonnier 174517
Primo Levi fait partie de cette minorité de rescapés qui ont tenté de trouver les mots pour dire ce que fut la condition humaine dans les camps de concentration. Son œuvre majeure reste son premier écrit autobiographique publié en 1947 sous le titre Se questo è un uomo. Signalons qu'il existe deux traductions en langue française de ce récit et que la première, intitulée J'étais un homme (1961), due à Michèle Causse a été délaissée en faveur de celle de Martine Schruoffeneger, publiée sous le titre Si c'est un homme (1987). Ce titre est une périphrase empruntée à un poème (Shemà) que l'écrivain a placé en exergue de son récit et qui commence ainsi : « Considerate se questo è un uomo ». La présence du pronom questo (signifiant en italien tantôt « ça », tantôt « celui-là ») nous incite à traduire littéralement cette phrase de l […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



