À l'époque où Primatice commence son apprentissage à Bologne, sa ville natale, il ne s'y trouve pas de grand maître : les peintres locaux travaillent dans le sillage de l'école romaine, et c'est auprès d'un élève de Raphaël, Bagnacavallo, que Primatice reçoit sa première formation. Ce que Bologne ne peut lui offrir, il va le chercher à Mantoue, près d'un plus éminent disciple de Raphaël, Jules Romain, qui réalise pour Frédéric Gonzague l'un des édifices majeurs de l'époque, le palais du Té. Dans un décor qui envahit les murs et les voûtes, toutes les ressources du maniérisme sont mises en œuvre pour célébrer l'Amour en évoquant les amours des dieux ou pour suggérer la terreur par la représentation d'affrontements titanesques. Jules Romain traduit ainsi sa réaction aux exemples de Raphaël et de Michel-Ange ; Primatice acquiert près de lui l'aptitude aux transpositions fabuleuses et le sens d'un art décoratif complet où les ornements de stuc prennent une importance nouvelle. Il devient expert en ce domaine, mais c'est en France, à Fontainebleau, qu'il pourra donner sa mesure.
Il y arrive en 1532, appelé par François Ier qui veut faire de sa demeure favorite un cen […]
