8. Ontogenèse
Dans quarante genres sur les cinquante que contient l'ordre des Primates, les femelles ne mettent au monde qu'un jeune à la fois. Toutefois, les naissances gémellaires voire celles de triplés sont la règle chez des Prosimiens (Tarsius spectrum, les Cheirogaleidés, les Galagidés, à l'exception de Phaner et Euoticus, les Mégaladapidés et un Lémuridé, Varecia) et chez les Callithricidés sud-américains (à l'exception de Callimico).
La durée de la gestation, chez les Mammifères placentaires, est considérée comme représentant un compromis entre le volume du cerveau du nouveau-né (donc de sa tête) et la taille du bassin (canal pelvien) de la mère ou encore entre le poids du cerveau du nouveau-né et le poids de la mère (Passingham, 1985). Le rapport poids du nouveau-né/poids de la mère est d'environ 5 p. 100 chez les Prosimiens et les Anthropoïdes (2,4 à 9 p. 100), 6 p. 100 chez les Colobinés, 8 p. 100 chez les Cercopithécinés et chez l'Homme et 9 p. 100 chez les Platyrhiniens (7 à 11,5 p. 100). Plusieurs exceptions sont notables : elles concernent les tarsiers chez lesquels le poids du jeune atteint environ 16 p. 100 du poids de la mère et surtout le saimiri (Platyrhinien-Cébidé) et le talapoin (Catarhinien-Cercopithéciné) chez lesquels ce rapport atteint 20 p. 100.
En ce qui concerne la précocité du jeune à la naissance, les Primates ont des petits (relativement) précoces dans la mesure où, à leur naissance, ils sont couverts de poils, capables de certaines potentialités de perception et de motricité, comme s'accrocher à la fourrure de la mère et redresser la tête en direction de la mamelle. La précocité dépend essentiellement de la croissance cérébrale fœtale. Le poids du cerveau des Prosimiens à leur naissance représente entre 21,1 et 48 p. 100 du poids du cerveau adulte. Ce rapport varie de 36,6 à 58 p. 100 chez les Platyrhiniens, de 43 à 60 p. 100 chez les Catarhiniens et de 31,2 à 50,7 p. 100 chez les Anthropoïdes, l'Homme possédant le plus faible rapport parmi les Primates […]
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