6. Structures sociales
Les systèmes d'accouplement dépendent en partie de la composition de l'unité reproductrice, constituant la cellule « féconde » de la structure sociale. Autrement dit, la structure sociale se définit par le nombre de sujets adultes, mâles et femelles vivant ensemble, en permanence (Fedigan, 1982). L'unité reproductrice peut être le couple monogame ou groupe unimâle/unifemelle, le « harem » ou groupe unimâle/multifemelles, le groupe multimâles/multifemelles.
Chez les Prosimiens nocturnes, la socialité est définie par différentes modalités de recouvrements des domaines vitaux, voire des territoires (Bearder, 1987) au sens où un territoire est un domaine vital dont les frontières sont définies et défendues, ce qui ramène aux structures définies précédemment. Lorsque le territoire d'un mâle recouvre celui d'une seule femelle, on parle de structure monogame (Tarsius, Galago zanzibaricus, Phaner), lorsqu'il recouvre celui de plusieurs femelles, on parle de structure polygyne rappelant la structure en harem. Dans ce second cas, ou bien les territoires des femelles sont eux-mêmes largement recouvrants entre eux (ce qui suppose l'existence d'une sous-structure matriarcale ; Galago, Galagoïdes, Otolemur), ou bien ils ne le sont pas, et c'est alors la polygynie stricte (Perodicticus, Arctocebus). La structure sociale de l'orang-outan (Pongidé) s'apparente à celles des galagos (Prosimiens) : les territoires des femelles se chevauchent et ceux des mâles, plus grands, recouvrent ceux de plusieurs femelles. Mais, chez l'orang-outan, la relativement grande taille des territoires des femelles empêche les mâles d'avoir un accès exclusif à plusieurs femelles et l'on observe une promiscuité des accouplements et non une structure de type harem.
Chez les Primates, la monogamie (structure unimâle/unifemelle) se rencontre quel que soit le niveau phylogénétique. Elle est de type « monogamie de fourragement » chez les Lémuriens nocturnes ou crépusculaires (Lemur mongoz, Hapalemur, Avahi, Tattersall, 1976) et chez le seul Platyrhinien nocturne, l'Aotus, chez leque […]
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