2. Classification
Il est maintenant communément admis que les Tupaias ne peuvent être inclus dans l'ordre des Primates, mais le débat subsiste quant à la division primordiale de l'ordre. Historiquement, il a d'abord été séparé en Prosimii, « Primates inférieurs », et Anthropoidea, « Primates supérieurs ». Cette distinction, qui pouvait paraître arbitrairement anthropocentrée, est maintenant confortée par de nombreux critères. Mais la position intermédiaire du genre Tarsius pose problème ; il se rapproche des Lémuriformes par certains caractères tels que des molaires supérieures trituberculées, l'absence de soudure de la symphyse mandibulaire, la présence d'une sublingua plus ou moins indépendante, la présence d'une communication plus ou moins importante entre les orbites et les f osses temporales, le développement de la bulle tympanique. Il se rapproche des Anthropoidea par la possession d'un placenta hémochorial et l'absence d'un rhinarium.
C'est ce dernier caractère qui a conduit à proposer, au lieu de la distinction entre Prosimii et Anthropoidea, celle entre Strepsirhines et Haplorhines. Les premiers sont représentés par les Lémuriformes, tous pourvus de ce rhinarium, zone cutanée nue, riche en glandes muqueuses qui entoure les narines, et qui s'accompagne de l'absence de soudure de la lèvre supérieure. Chez les seconds, cette lèvre est soudée et la zone entre les narines est sèche et couverte de poils et ils regroupent alors les Primates supérieurs et les Tarsiers. Mais, selon Hofer (1980), ces derniers et quelques autres Primates supérieurs d'Amérique du Sud (marmosets) posséderaient en fait le caractère strepsirhine.
Schwartz (1986), en reprenant les caractères non liés à la forme du nez et les arguments et contre-arguments qui permettraient d'associer le Tarsier aux Anthropoidea plutôt qu'aux Lemuroidea, montre que phylogénétiquement rien ne permet de considérer que les caractères « haplorhines » du Tarsier, tels que la réduction de la cloison nasale, la position du foramen carotid […]
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