Peu de mots ont connu une telle extension, accompagnée d'un tel glissement de sens, que le mot « presse ». Legs de Gutenberg, la presse est à l'origine le moyen d'impression qui permet la reproduction d'un texte à de multiples exemplaires : livres d'abord, almanachs, gazettes et autres feuilles ensuite, puis ce que l'on ne cessera plus d'appeler le « journal ». Il en découle une quasi-identité entre presse et journal, qui se double d'une autre entre presse et information : double identité entre le moyen technique et l'objet qu'il permet de produire, entre le moyen technique et la fonction sociale de l'objet produit.
Au xixe siècle, par étapes successives, la révolution industrielle a assuré la prééminence du journal, avec l'emploi de la force motrice pour le tirage, la substitution de la composition mécanique à la composition manuelle, le passage des presses à platine aux rotatives ; à cet apport technologique il faut ajouter celui des télécommunications qui, accélérant la transmission des « nouvelles » brutes, par l'intermédiaire des agences notamment, influent considérablement sur le contenu des « organes de presse », ainsi que le concours des moyens […]
