3. Trois innovations pour la France
L'offre médiatique varie considérablement d'un pays à l'autre, en raison de la configuration politique, des habitudes de consommation, de l'histoire du développement des médias et des biens culturels. En France, l'émergence des gratuits se fait avec retard et sur un terrain relativement vierge à trois points de vue : la gratuité n'est pas courante, les formats courts sont rares, le « publi-rédactionnel » est peu apprécié.
La gratuité ne s'était auparavant jamais développée dans la presse française, en dehors de la presse d'annonces (400 titres, stable en nombre de journaux, mais en expansion en chiffre d'affaires) ; elle a commencé à exister, certes, mais dans des espaces très particuliers comme la presse institutionnelle (les supports développés par les collectivités publiques et les institutions), les enseignes commerciales (une approche infomerciale qui a proposé de plus en plus de contenus de type magazine) et plus récemment les sites Internet (avec les mêmes acteurs institutionnels et commerciaux, et des tentatives chez les médias payants de capter une nouvelle audience en proposant des contenus partiellement gratuits – une stratégie de « vitrine » qui s'est amenuisée avec le temps, les retombées commerciales n'étant pas à la mesure des espérances. Cette situation française est très différente de celle que l'on rencontre ailleurs, par exemple au Québec où toute la presse hebdomadaire d'information locale est passée, en une vingtaine d'années, à la gratuité totale ; en Espagne aussi, de nombreux médias locaux sont donnés.
Par ailleurs, la presse, qualifiée parfois de « tabloïd » ou de populaire, que l'on rencontre en Angleterre, aux États-Unis ou au Québec, n'a pas d'équivalent dans la presse quotidienne payante française. Elle privilégie l'information brièvement présentée et réduite en volume, dénuée de commentaires directs et accordant aux sujets ludiques une place assez importante, voire primordiale ; la presse régionale a certes […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



