Nous entendons le terme préhistoire dans son acception la plus stricte : depuis l'origine de l'homme jusqu'à la veille des « révolutions néolithiques ». Nous traiterons des méthodes d'étude des peuples chasseurs-cueilleurs, des prédateurs (Paléolithique, Épipaléolithique, Mésolithique) et non des producteurs (Néolithique). Datant de plus d'un siècle, la préhistoire doit en partie à sa jeunesse une progression rapide dans l'évolution de ses méthodes, mais aussi une fructueuse instabilité.
Après avoir longtemps été considérées comme des « pierres de foudre » (céraunies, silex), haches polies et pointes de flèches en pierre dure firent l'objet, au cours de la première moitié du xixe siècle, de recherches et de spéculations, mais les principes philosophiques et religieux alors en vigueur n'ont cédé qu'à grand-peine, vers 1850, devant les preuves de la très grande ancienneté de l'homme, de sa contemporanéité avec les espèces animales fossiles. Restes ostéologiques et silex taillés par l'homme quaternaire furent alors dispersés dans les musées du monde entier pour que tous puissent se rendre compte d'un travail humain réalisé durant l'époque diluvienne.
