Le terme « prédicat » a été repris par la linguistique à la tradition logique. Dès l'Antiquité, ce terme a été utilisé par les logiciens pour désigner l'attribut qui est prédiqué d'un sujet. Ainsi, dans le traité des Catégories, Aristote présente-t-il les dix catégories, c'est-à-dire les dix manières dont un attribut peut être prédiqué d'un sujet, dans le cadre d'une conception dite attributive de la proposition – où celle-ci est représentée comme l'attribution d'un prédicat P à un sujet S, selon le schéma « S est P ». Par la suite, tant au Moyen Âge qu'à l'époque classique (par exemple à Port-Royal), l'analyse logique sera étroitement associée à l'analyse grammaticale. C'est au verbe que l'on reconnaîtra le double rôle, d'une part, de fournir un prédicat au sujet et, d'autre part, d'assurer la liaison entre ce prédicat et ce sujet. C'est précisément pour marquer cette dualité que la tradition décomposait le verbe, afin d'énoncer séparément la copule « est » et le prédicat P : ainsi « l'homme court » était-il analysé comme « l'homme est courant », selon la même forme schématique que « l'homme est mortel » ou « l'homme est dans la maison ». Cette représentation unique de toutes les propositions élémentaires permettait de mettre en lumière la spécificité de la proposition, c'est-à-dire du discours déclaratif, porteur d'une assertion, et donc susceptible d'être vrai ou faux.
La reprise de cette approche logique par les grammaires a longtemps conduit celles-ci à ignorer la diversité des fonctions proprement syntaxiques, puisque l'analyse de la phrase en termes de sujet /prédicat ne laissait aucun résidu. C'est à Dumarsais et à Beauzée que l'on doit d'avoir introduit dans l'Encyclopédie, à la fin du xviiie siècle, la notion de complément.
En linguistique, le terme prédicat a connu des fortunes diverses. Certaines approches ont tenté de reformuler le prédicat comme une relation entre divers arguments : dans cette perspective, le sujet n'a plus de rôle prépondérant (puisqu'il ne […]
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