4. L'envers de la prédation
Les animaux utilisent des moyens variés pour échapper à leurs ennemis. Au premier rang de ces moyens figure évidemment l'homochromie, par laquelle l'animal se confond avec le substrat, bien que la même méthode puisse être employée par le prédateur, comme il a été dit plus haut, pour atteindre plus sûrement sa proie. L'avantage retiré de l'homochromie paraît maintenant bien démontré, après des controverses infinies ; un point singulier, toutefois, est l'extraordinaire perfection des dispositifs d'homochromie qui semble dépasser son but : en effet, une protection très suffisante est constituée par l'immobilité jointe à une couleur ressemblant d'assez près au substrat. Pour quelle raison, néanmoins, existe-t-il des homochromies si parfaites, c'est ce que le néodarwinisme essaie d'expliquer à l'aide souvent d'acrobaties dialectiques peu convaincantes.
Pour le reste, on peut remarquer que, chez les animaux supérieurs, la défense contre les prédateurs est dans presque tous les cas passive : il est rare que les animaux attaquent le prédateur. Ou bien, comme chez les bisons, les grands mâles forment un cercle qui fait face aux loups pendant que les femelles et les petits sont bien protégés au milieu du cercle ; ou bien tout le monde a recours à la fuite. Divers oiseaux unissent leurs efforts pour attaquer un gros prédateur, mais ce n'est nullement général.
En définitive, la prédation, surtout lorsqu'elle implique coopération, présente à l'observateur des phénomènes extrêmement compliqués et variés, certains mettant en cause les niveaux les plus élevés du psychisme. Dans certains cas, les techniques paraissent optimisées comme le veulent les sociobiologistes ; dans beaucoup d'autres, nos connaissances sont encore trop rudimentaires pour que l'on puisse en décider.
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