2. Les types de précontinents
Les modalités du façonnement d'un précontinent sont commandées par le climat, mais la morphogenèse s'applique à un bâti structural qui reflète à la fois les circonstances de la cassure initiale et les tensions ou compressions subies depuis par la marge continentale.
• Évolution géotectonique
La fragmentation initiale du bloc continental qui a donné naissance à un océan et à deux nouvelles marges continentales ne s'est jamais faite par une unique cassure, franche et verticale : presque toujours, de multiples failles, plus ou moins parallèles entre elles, accidentent le flanc du continent ; et, entre elles, des écailles sialiques s'affaissent, s'étirent, s'avachissent au contact de la croûte océanique, en transformant, sous l'effet des tensions qui prolongent la rupture, la marge continentale en une sorte d'escalier de failles. C'est sur ce bâti déjà complexe que s'effectue la régularisation topographique due aux agents superficiels. Mais l'accumulation de sédiments qui en est le facteur essentiel fait ployer l'ensemble de la marge continentale, et, de plus, y façonne les deux géosynclinaux évoqués précédemment : le précontinent apparaît donc comme « flexuré », après avoir été cassé et tronçonné. Mais il est rare que les tensions durent plus de quelques centaines de millions d'années : tôt ou tard un mouvement inverse se produit, qui soumet le précontinent à une compression. Si le socle sialique n'est pas trop enfoui, c'est une tectonique cassante qui hache le précontinent déjà mûr et en fait une marqueterie de blocs soulevés ou affaissés. Si la sédimentation a été abondante et la consolidation des sédiments imparfaite, le précontinent est plissé, et il se forme des alternances, plus ou moins parallèles au rivage, de chaînons et de dépressions longitudinales : c'est le type californien, appelé par les auteurs locaux continental borderland, où le plateau fait défaut. Enfin, les grands mouvements régionaux de surrection de chaînes de montagnes affectent les précontinents voisins : c'est ainsi que le rebord du plateau continental, à l'est du Kamtchatka, est anormalement peu profond au droit de l'arc des Aléoutiennes, comme s'il avait participé au soulèvement général de cet arc ; il est fortement déprimé, au contraire, au droit de la fosse des Aléoutiennes.
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