5. La décadence du XIXe siècle, la nouvelle renaissance
Avec le xviiie siècle s'achève la dernière époque créatrice de l'art des Pouilles qui, réduites désormais au rang d'une province lointaine et oubliée du royaume d'Italie, connaissent une décadence économique et sociale. Les liens avec Naples, désormais bien établis, ne se relâchent pas. Naples demeure la première étape de l'éducation des nouvelles générations d'artistes ; mais certains d'entre eux vont plus loin, à Florence, comme Saverio Altamura, ou directement à Paris, tel le jeune Francesco de Nittis, qui deviendra un impressionniste de la seconde génération, sans toutefois oublier totalement sa patrie, Barletta, où il laissera la majeure partie de ses œuvres. D'autres, tel Gioacchino Toma ou Francesco Netti, se partagent entre Naples et la terre natale, se contentant d'un rôle plus modestement provincial, mais qui n'en est pas moins recevable.
Mais tout cela appartient au passé. Le présent est marqué par la renaissance économique et sociale de la région, peut-être la plus avancée, sûrement la plus active du Mezzogiorno, en pleine transformation industrielle.
À l'exception de Lecce et du Salento, qui demeurent encore une fois isolés entre la pauvreté des campagnes et le raffinement décadent de la cité, une vie intense anime toute la région, dont les pôles de développement sont actuellement constitués par Bari pour le commerce et, pour l'industrie, par Tarente qui doit à son grand port naturel d'être revenue au premier plan. Ce développement économique soudain se double d'une renaissance artistique ; grâce surtout à de jeunes artistes comme Pino Pascali, qui n'hésitent pas à s'engager dans les expériences d'avant-garde les plus audacieuses, l'art nouveau réinscrit de façon convaincante la région dans le mouvement de la culture nationale et internationale.
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