1. Iapygie, Grande-Grèce et Apulie
Premiers conquérants attestés par l'histoire, les Spartiates, fondateurs de Tarente, venaient de la mer. Ils abordèrent une terre habitée depuis des temps immémoriaux, où, d'après des légendes, confirmées par les découvertes archéologiques, les avaient précédés des populations qui leur étaient apparentées : peut-être crétoises, peut-être troyennes, certainement mycéniennes ; populations à côté desquelles continuaient à vivre des indigènes, les Iapyges, qui conservaient jalousement les caractères propres de leur civilisation, bien que les migrations les eussent mis en rapports continus avec les cultures de l'Égée et de la Méditerranée orientale. Les choses ne changèrent guère, même après que Tarente, fondée au viiie siècle avant J.-C., eut commencé son expansion qui devait la conduire à assumer le rôle de capitale de la Grande-Grèce et à exercer une influence rayonnante sur toute la région. Les céramiques funéraires, conservées aujourd'hui aux musées de Tarente, de Ruvo et de Bari, les restes de murailles messapiques ainsi que le mobilier des tombes de Canosa en témoignent. À ces temps antiques remonte la division traditionnelle de la région en quatre parties : le Tarantino (province de Tarente, l'ancienne Grande-Grèce) ; la Daunie ou la Capitanate (province de Foggia) ; la Terra di Bari (province de Bari), l'antique Peucétie (Peucetia) ; le Salento ou péninsule salentine, lui-même divisé en Messapie (province de Brindisi) et Calabria (province de Lecce).
L'unification de ces terres, à laquelle les Grecs ne purent parvenir, fut le fait de la conquête romaine qui, même si elle n'a pas laissé de restes imposants, a orienté l'avenir de l'Apulie. Deux voies consulaires la traverseront, l'Appienne et la Trajane, qui se rejoignent à Brindisi, port d'embarquement des légions romaines partant à la conquête de l'Orient. Ces deux voies déterminèrent le nouveau rôle et le nouveau visage de ces contrées, qui seront alors fixés, du moins jusqu'à la fin du Moyen Âge. Le long des routes surgirent les nouvelles cités : Luceria, Canosa (Canusium), Ordona (Herdonia), Egnazia et Brindisi (Brundisium), la plus importante, pendant que Tarente déclinait et que l'extrême Sud, le Salento, était irrémédiablement exclu du courant des échanges.
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