Le Portugal connaît une situation difficile en 2010, liée à un important déficit budgétaire qui provoque une crise de la dette généralisée et met le pays au bord de la faillite. Le Portugal, tout comme la Grèce et l'Irlande auparavant, perd la confiance des investisseurs et devient un maillon faible de la zone euro. Dans ce contexte, les efforts du gouvernement pour stimuler la croissance économique, notamment dans les secteurs traditionnels (textile, automobile, tourisme), creusent encore le déficit public. Le taux de chômage augmente fortement, avoisinant 11 p. 100. Le gouvernement dévoile très tôt le budget de l'État pour 2011 afin de calmer les marchés. Il annonce des mesures d'austérité sans précédent : réduction des salaires dans la fonction publique jusqu'à 5 p. 100, gel des recrutements et des promotions et autres coupes sévères dans les dépenses publiques. Parallèlement, il veut porter le taux de la T.V.A. à 23 p. 100, l'un des plus élevés en Europe, et augmenter les impôts directs et indirects. Il espère ainsi ramener le déficit à 7,3 p. 100 du P.I.B. en 2010 (contre 9,3 p. 100 en 2009), puis à 4,6 p. 100 à la fin de l'année 2011.
Par ailleurs, le gouvernement socialiste minoritaire de José Sócrates se heurte à la forte opposition du Parti social-démocrate (P.S.D., centre droit), lequel refuse de voter un budget qui augmente les impôts. Le Premier ministre menace quant à lui de démissionner si le budget n'est pas adopté. Le 3 novembre, grâce au soutien des députés socialistes et à l'abstention de ceux du P.S.D., le projet de loi de finances est voté. Toutefois, face à la dégradation du climat social, des élections anticipées pourraient être organisées en 2011. En effet, dès la présentation du projet de loi en mai, les deux principaux syndicats lancent un appel à la grève générale ; le 29 mai, une manifestation rassemble quelque deux cent mille personnes à Lisbonne, puis une grève générale est largement suivie le 24 novembre.
Le pays assiste à la fin du bras de fer entre l'opérateur Portugal Telecom et l'espagnol Telefónica. Ce dernier obtient enfin l'accord du gouvernement portugais – qui avait opposé son veto au nom d'intérêts stratégiques malgré le désaccord de Bruxelles – pour racheter la part de Portugal Telecom dans Vivo, premier opérateur de téléphonie mobile au Brésil. Portugal Telecom accepte finalement la transaction, laquelle lui permet d'acquérir 22 p. 100 du capital social d'un autre opérateur brésilien, Oi. Il reste ainsi présent sur le marché très dynamique de la téléphonie mobile brésilienne.
En juin, le lauréat portugais du prix Nobel de littérature, José Saramago, meurt à l'âge de quatre-vingt-sept ans dans sa demeure des îles Canaries, en Espagne, où il vivait en exil depuis 1993. Après ses funérailles, organisées à Lisbonne, sa veuve supervise la création d'une fondation au nom de son époux dans la capitale portugaise.
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