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PORTRAIT, genre littéraire

Marcel Proust

Montaigne demandait pourquoi il n'était pas loisible « à un chacun de se peindre de la plume » comme tel personnage dont il cite l'exemple « se peignait d'un crayon ». Le développement du portrait littéraire (dont les Essais sont justement l'une des premières manifestations systématiques) est en effet lié au modèle pictural (le terme lui-même est un terme de peinture) et plus précisément à l'apparition de la peinture de chevalet : bien que l'Antiquité ne l'ait pas ignoré (on connaît la fonction des portraits dans l'œuvre des historiens anciens, Tite-Live ou Tacite), le portrait s'est élaboré en tant que genre au milieu du xviie siècle, dans la société précieuse qui se réunissait autour de Mlle de Montpensier et qui, sous l'influence en particulier des romans de Mlle de Scudéry (où les portraits sont multipliés), en a fait un divertissement de société (dont on pourra trouver un échantillon dans l'une des scènes du Misanthrope). La princesse et ses familiers collaborent à quatre recueils — ou « galeries » — de portraits qui paraissent de 1659 à 1663. Les textes qui y sont rassemblés obéissent à deux exigences qui tirent toutes deux leur origine de la peinture, mais qui peuvent paraître contradictoires : il faut que le portrait ressemble au modèle (on retrouve cette loi dans le théâtre de Molière, qui oppose aux « portraits faits à plaisir » de la tragédie les portraits fidèles de la comédie), mais ce n'est pas tout d'y faire reconnaître le modèle, il faut encore y faire reconnaître la « manière du peintre ». On voit alors se fixer les caractéristiques qui seront celles du portrait dans les siècles suivants : « Comme autant de coups successifs de crayons, des énoncés parallèles cernent et définissent une image qui, comme celle du peintre, est statique et intemporelle » (J. D. Lafond). Technique accumulative donc et fixité : par une addition de traits physiques et moraux, on pense « épuiser » un objet, atteindre une essence soustraite au temps. On pourra rattacher cette ambition à la natur […]

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LES CARACTÈRES, livre de Jean de La Bruyère

Écrit par :  Christian BIET

Dans le chapitre "La Bruyère moraliste"  : …  sociaux, les paragraphes de La Bruyère ne constituent pas des traités sur l'essence de l'homme. *Ils manifestent une attitude honnête devant des comportements ridicules organisés en galeries littéraires infiniment sociales : « Arrias a tout lu, il veut le persuader ainsi ; c'est un homme universel, et il se donne pour tel : il aime mieux mentir… Lire la suite
CARACTÈRES, genre littéraire

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… *Est-ce un « genre » que celui que ne représente qu'un seul ouvrage (car il faut laisser hors de cause les traités suivis, Caractères des passions, ou De l'amour, ou Des femmes par Mme de Pringy, et aussi les versificateurs singes de La Bruyère, les Sellier, les Teissier...) ? À la rigueur, il y en a deux, si l'… Lire la suite
DESCRIPTION

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ESQUISSE, genre littéraire

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LA BRUYÈRE JEAN DE (1645-1696)

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LYCÉE, Antiquité

Écrit par :  Jean-Paul DUMONT

Dans le chapitre "Anthropologie"  : …  souligné l'harmonieuse ordonnance littéraire et les étapes de la composition de cette galerie de *portraits où sont croqués sur le vif des caractères malhonnêtes ou pathologiques de personnages du sexe masculin. Mais sans doute Théophraste y est-il plus encore qu'un portraitiste expert ou un psychologue inspirateur du comique Ménandre ; car on a… Lire la suite
MIRÓ GABRIEL (1879-1930)

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Dans le chapitre "Les portraits"  : …  au vol un geste, une attitude, un trait de leur physionomie, tout ce qui les révèle ou les trahit ; *il sait, en quelques mots, en dessiner d'étonnants portraits, souvent empreints d'ironie ou de tendresse. Voici par exemple l'image d'un prêtre généreux : « Un ventre imposant que celui de don Magín, un ventre et un thorax unis en une courbe de… Lire la suite
PHYSIOGNOMONIE

Écrit par :  Anne-Marie LECOQ

Dans le chapitre "Les écrivains et la physiognomonie"  : …  culture européenne, va être largement responsable des changements survenus dans la composition du *portrait littéraire. La physiognomonie, qui se présentait comme le moyen de déduire le moral du physique dans la vie réelle, permettait aussi d'accorder le physique et le moral des personnages imaginaires. La circulation à double sens des traités… Lire la suite
SAINTE-BEUVE CHARLES AUGUSTIN (1804-1869)

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Dans le chapitre "L' « avocat » et le portraitiste"  : …  Pourtant, même en tant que *portraitiste, Sainte-Beuve a commencé par l'illusion. Chroniqueur du Globe, journal modérément romantique, il s'y fait très vite le propagandiste de l'école nouvelle. Dans son Tableau historique et critique de la poésie et du théâtre français au XVIe siècle (1828), il veut « chercher dans nos… Lire la suite
VIES IMAGINAIRES, livre de Marcel Schwob

Écrit par :  Patrick BESNIER

Dans le chapitre "Une série énigmatique"  : …  *Porté d'abord par un titre mystérieux, bientôt obsédant, le livre se présente comme une galerie de portraits où chaque épisode a pour titre le nom d'un personnage suivi de sa fonction : « Sufrah, géomancien » ou « Cyril Tourneur, poète tragique ». Classés dans un ordre chronologique, d'« Empédocle, Dieu supposé », à « MM. Burke et Hare, assassins… Lire la suite

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