2. Philosophie et religion
Toute sa vie, Porphyre a été préoccupé par les problèmes religieux, tout particulièrement par le rôle des pratiques religieuses pour le salut de l'âme. Il semble bien que l'influence de Plotin l'ait amené à modifier totalement ses conceptions dans ce domaine. Avant de connaître Plotin, en effet, il avait écrit La Philosophie tirée des oracles, traité consacré aux pratiques religieuses et magiques capables d'assurer le salut de l'âme et qui témoignait d'un esprit naïf et superstitieux. Après sa rencontre avec Plotin, ainsi qu'il apparaît dans le traité Sur l'abstinence de la chair des animaux, dans la lettre À Marcella, dans la lettre À Anébon, dans la Vie de Plotin, dans le traité Sur le retour de l'âme, Porphyre professe une tout autre théorie des rapports entre philosophie et religion : les religions ne s'adressent qu'à des dieux inférieurs ou à des démons ; la philosophie les transcende, parce qu'elle est le culte du Dieu suprême, dont le philosophe est le prêtre. Ce culte ne consiste que dans l'offrande d'une pensée purifiée de tout ce qui est visible et sensible et il conduit à l'union au Dieu transcendant, dès ici-bas en des moments d'extase, puis définitivement après la mort. Le philosophe est donc le seul à pouvoir espérer être délivré pour toujours du cycle des naissances. Les pratiques religieuses ne peuvent procurer qu'un salut tout relatif, une certaine purification de la partie inférieure de l'âme, qui lui permettra de s'élever dans les astres, sans être délivrée définitivement de sa prison cosmique. C'est dans cette perspective que Porphyre consacre une grande partie de son activité littéraire à critiquer et à juger les traditions religieuses : le gnosticisme (en des ouvrages malheureusement perdus), les oracles chaldaïques (avec le traité Sur le retour de l'âme), la religion traditionnelle de la Grèce (lettre À Anébon), la religion chrétienne (traité Contre les chrétiens).
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