4. Les développements du pop art
Malgré la tendance de la critique formaliste à en minimiser la portée, et même si ses artistes, plutôt individualistes, n'ont jamais publié de manifeste, ce qui leur aurait peut-être assuré le respect des « avant-gardes », le pop art a fortement influencé les générations suivantes ou, du moins, a rendu leur travail possible. L'art conceptuel, le land art et le body art des années soixante-dix, au plus fort de l'éclipse du pop art, se situaient dans la continuité théorique des happenings et des environnements, formes d'expression très tôt expérimentées par des artistes pop, et dans la lignée thématique de leur réflexion sur la consommation d'images et de messages.
Certains artistes pop ou assimilés sont devenus des figures marquantes de l'art du xxe siècle : ainsi de Hockney, Rauschenberg, Johns, Lichtenstein et – le plus pop, le plus médiatisé d'entre eux – Andy Warhol (sa mort, en 1987, fit la une de tous les journaux). Ils perpétuent des thématiques pop bien après la prétendue disparition du pop art en tant que mouvement (qui n'a d'ailleurs jamais existé comme tel). Mieux encore, des mouvements des années quatre-vingt ont manifesté un retour certain aux thèmes pop, justifiant leur regroupement sous une étiquette commune : le néo-pop. Lichtenstein le déclarait en 1987 : « Presque tout le monde aujourd'hui a une touche de pop. Je vois même du pop art chez les gens très abstraits. » Ainsi David Salle rappelle Rosenquist. Les collages d'assiettes brisées de Julian Schnabel évoquent Rauschenberg ou Conner. Mike Bidlo peint des copies de chefs-d'œuvre modernes, y compris des Warhol – juste retour des choses. Les graffitistes Jean-Michel Basquiat et Keith Haring, proches de Warhol, ont à leur tour trouvé leur inspiration dans une culture authentiquement populaire : celle de la rue et du métro new-yorkais. Les Russes Komar et Melamid parodient le réalisme socialiste. Plus frappante encore est l'œuvre de Jeff Koons, qui combine l'utilisation des médias et la citation kitsch, dans ses céramiques peintes, dorées et brillantes autant que dans ses films et dans ses photos érotico-pornographiques où il pose avec la Cicciolina. Le néo-pop, en insistant sur le factice, le superficiel, la copie, la citation, l'appropriation d'images et de styles, le questionnement de l'authenticité, est une renaissance et démontre le rôle de précurseur du pop art et sa position clé entre modernité et post-modernisme.
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