Entre la Vistule et l'Oder, au nord du sillon du Notec, les croupes et le littoral de Poméranie (Pomorze, en polonais) s'étirent sur près de 300 kilomètres. Terre de vieille et brillante civilisation, la Poméranie oscilla, au cours de l'histoire, entre la fidélité à l'égard des souverains polonais et la soumission à l'ordre prussien. Les campagnes restèrent toujours profondément slavisées ; les villes, jalouses de leur autonomie, entretenaient des liens étroits avec la Hanse. À la suite du partage de 1772 et durant tout le xixe siècle, la Prusse mène en Poméranie une sévère politique de germanisation. En 1945, la Pologne recouvre une grande partie de la Poméranie, le reste de la région allant à la République démocratique allemande (district de Neubrandenburg). Depuis 1990 (réunification de l'Allemagne et redécoupage des Länder), la partie allemande de la Poméranie fait partie du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.
Le rempart morainique sinueux du Pomorze tombe sur l'étroite plaine littorale régularisée, où un cordon de dunes enserre un chapelet d'étangs littoraux. Les hauteurs morainiques, à la topographie bosselée et désordonnée, ne dépassent 200 mètres que dans la région de Gdańsk : le paysage s'anime et les sites deviennent plus pittoresques dans la Suisse kachoube qui culmine à 330 mètres au mont Wiezyca. De nombreux lacs, aux formes infiniment variées, s'éparpillent le long des moraines frontales couronnées de pins et de hêtres, creusées de vallées profondes au drainage incertain.
Les croupes et le littoral poméraniens sont peu actifs au point de vue industriel et disposent d'un réseau urbain de faible densité. Les pôles d'animation économique et culturelle demeurent Gdańsk et Szczecin ; Poznań et Bydgoszcz font sentir leur influence dans la partie méridionale.
Jean-Paul VOLLE
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