La polyrythmie est constituée par la superposition de deux ou plusieurs rythmes différents ; les structures rythmiques qui la constituent se déroulent simultanément et indépendamment l'une et l'autre, chacune d'elles présentant soit une mesure différente de celle des parties voisines, soit des décalages d'accents, soit des schèmes rythmiques irréductibles entre eux, soit des tempi différents. Le terme lui-même est récent, mais la technique d'écriture est ancienne : la polyrythmie existait déjà chez les maîtres du contrepoint médiéval, en particulier chez Guillaume de Machaut, et on la rencontre couramment dans les musiques traditionnelles et dans le jazz. Du xvie au xxe siècle, elle est rare dans la musique savante européenne, mais on en trouve cependant quelques exemples, tel que celui d'une scène de l'acte II du Don Giovanni de Mozart, où sont superposées des mesures à 6/8, 3/4 et 2/4. Dès le début du xxe siècle, la polyrythmie réapparaît, le plus souvent en relation avec la polytonalité, ce qui aboutit à un jeu de simultanéité qui superpose des musiques différentes : Charles Ives fut le pionnier de […]
