6. Une société en crise
Largement responsable de cette situation, l'État central intervient donc toujours massivement sur le plan financier dans le fonctionnement de la collectivité autonome de Polynésie française. Les transferts de fonds publics métropolitains constituent l'une des principales composantes de la balance des paiements (en 2005, les dépenses de l'État et des établissements publics nationaux représentent 6 000 dollars par habitant). On est donc en présence d'une économie de transfert comparable à celle des Antilles, de la Réunion et des régions métropolitaines à faible potentiel productif.
Dans la mesure où ce processus s'inscrit dans un contexte géoculturel original, il a fallu évidemment mettre en place des procédures institutionnelles allant bien au-delà des lois de décentralisation et de régionalisation en vigueur en métropole et dans les départements d'outre-mer. L'équilibre général du territoire s'est maintenu à ce prix. Dotée depuis 1982 d'un régime original d'autonomie (après une première tentative de 1957 à 1962), la Polynésie française a vu récemment son statut évoluer vers un élargissement de ses responsabilités et un renforcement de son identité collective : la loi organique no 2004 – 192 du 27 février 2004 est venue renforcer considérablement cette autonomie. La Polynésie française est donc désormais un « pays d'outre-mer » au sein de l'espace de souveraineté de la République française. À ce titre, elle peut disposer de représentations auprès de tout État reconnu par le gouvernement central. Elle assume également des compétences dans de nombreux domaines jusqu'alors considérés comme matière d'État touchant notamment au droit civil, au droit du travail et à la fiscalité.
L'Assemblée de la Polynésie française, élue pour cinq ans au suffrage universel direct, nomme un gouvernement territorial. Le 10 février 2008, les listes Ensemble pour notre Pays (composées d'autonomistes modérés, autour de Gaston Tong Sang) obtiennent la majorité relative des su […]
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