4. Du protectorat à l'autonomie interne (1843-1958)
Dès le retour de Pritchard en février 1843, le protectorat français sur les îles du Vent fut mis à mal, ce qui amena, en novembre, l'amiral Dupetit-Thouars à proclamer l'annexion pure et simple de Tahiti. Malgré l'opposition de Pomare IV, le capitaine de vaisseau Bruat entreprit l'aménagement de divers points proches de la rade de Papeete. La confiscation de terres royales provoqua des troubles dès 1844, ce qui détermina l'arrestation de six chefs puis la création de fortins sur les hauts de Papeete, puis à Taravao. Enfin, Pritchard fut arrêté, puis expulsé. La reine Pomare décida alors de résister à l'administration française. Tahiti et Moorea vécurent deux années de rébellion, pendant que la reine Pomare se repliait aux îles Sous-le-Vent. Finalement, en 1847, Pomare négocia sa soumission. Le protectorat inclut les îles Tubuai (Australes) et les Tuamotu. Les Codes des missionnaires furent révisés, mais la juridiction foncière resta de compétence tahitienne. Un conseil administratif s'occupait parallèlement des ressortissants européens. En 1850, ceux-ci étaient relativement nombreux (environ 1 500), pas toujours français. Certains commerçants, anglais ou allemands d'origine, étaient alliés par mariage à des familles ari'i. Leur aide au mouvement de révolte en fit une cible privilégiée de l'administration française ; autre cible, les pasteurs anglais, jugés « antifrançais ». Aussi, dès 1860, l'Église protestante tahitienne sollicita du gouvernement impérial l'assistance de la Société des missions évangéliques de Paris. Avec l'effondrement de la société traditionnelle et la marginalisation des tavana, les Églises chrétiennes apparaissaient comme les seules structures d'encadrement des populations insulaires. Aussi les représentants de l'État tentèrent-ils d'intégrer les Églises protestantes dans l'administration du protectorat afin de mieux contrôler les populations qui y adhéraient. Le pasteur tahitien devint le guide du mata'eina […]
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