3. Les premiers contacts avec le monde des Européens : de la découverte au protectorat (1767-1842)
C'est dans un contexte très sacralisé, d'une population socialement très hiérarchisée mais économiquement peu diversifiée (horticulture du taro et du bananier, préparation du fruit de l'arbre à pain et de la noix de coco, élevage du cochon et diverses formes de pêche au filet végétal ou à la ligne), que les navigateurs européens firent irruption. Si la découverte des Marquises en 1595 par l'Espagnol Alvaro Mendaña de Neira n'eut pas de grandes conséquences locales, en revanche les arrivées de Samuel Wallis (1767) et surtout de Louis Antoine de Bougainville (1768) et de James Cook (1769) ouvraient une période nouvelle dans l'histoire de la Polynésie orientale. En 1772, deux navires espagnols étaient envoyés à leur tour à la découverte de la Polynésie. Interrompu par le déroulement de la guerre de l'Indépendance américaine, le mouvement d'exploration scientifique européen reprit activement vers 1785. 1786 vit le passage de Jean-François de Lapérouse, 1788 celui de William Bligh, 1791, celui de George Vancouver. Comme souvent en pareil cas, les marins ouvrirent la voie aux missionnaires. Les premiers pasteurs de la London Missionary Society débarquèrent à Tahiti le 5 mars 1797. Mais les expéditions scientifiques n'étaient pas pour autant closes : Louis Claude de Freycinet (1817), Louis Duperrey (1822) et Jules Dumont d'Urville (1826 puis de 1837 à 1840) se succédèrent dans l'observation de cette partie du monde.
Les premiers contacts des explorateurs européens avec la Polynésie orientale ne furent pas faciles. Wallis dut tirer au canon sur des pirogues aux occupants inamicaux. Les marins de Bougainville furent contraints de faire usage de leurs armes. Mais, dans tous les cas, pour les chefs tahitiens, les contacts avec les arrivants européens furent le moyen d'élargir leurs alliances et, de ce fait, d'accroître leur prestige. En fréquentant certains plus que d'autres, les Européens fa […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 17 pages…




