3. Modifications des fréquences géniques
• Rôle de la sélection naturelle
La sélection est l'un des facteurs importants du jeu desquels dépendent les fréquences des gènes. Ce facteur s'introduit par le fait que les individus de différents génotypes ne contribuent pas nécessairement de façon égale à la formation de la génération suivante. Deux facteurs de nature différente s'additionnent pour faire varier cette contribution : le premier est la probabilité de survie de l'individu au cours du développement qui le mène de l'œuf à l'âge reproducteur ; le second est le taux de fécondité, une fois atteint l'âge de la reproduction. La valeur sélective globale d'un génotype est la résultante de ces deux éléments.
Mise en évidence
Que certains génotypes soient moins aptes que d'autres à survivre et à laisser une descendance est bien évident, pour l'espèce humaine, dans le cas des tares héréditaires graves telles que l'achondroplasie, l'idiotie amaurotique ou l'hémophilie. Chez toutes les espèces, on connaît également de nombreux gènes, souvent récessifs, qui sont qualifiés de létaux ou de sublétaux parce qu'ils interdisent ou rendent précaire la survie de l'individu.
L'action de la sélection au niveau de caractères qui ne sont pas aussi nettement monstrueux est par contre difficile à mettre en évidence. Une étude précise des populations naturelles est en effet toujours malaisée, ne serait-ce qu'en raison des délicats problèmes d'échantillonnage qu'elle soulève. Les facteurs qui, dans les conditions naturelles, agissent sur les populations pour en limiter l'effectif sont non seulement incontrôlables, mais le plus souvent même inconnus. La comparaison de deux génotypes ne peut en général être faite que pour un aspect fragmentaire de la valeur sélective, fécondité ou résistance à un prédateur, par exemple.
On peut, cependant, illustrer l […]
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