Malgré l'existence d'un important fonds génétique commun, les individus d'une population – un ensemble d'individus de même espèce cohabitant dans la même aire géographique et reliés génétiquement les uns aux autres – ne sont presque jamais génétiquement identiques. Un même gène peut en effet exister dans une population sous la forme de plusieurs allèles (versions différentes d'un déterminant génétique donné). La description de cette diversité génétique, ou polymorphisme, utilise deux notions statistiques : les fréquences des génotypes diploïdes (2 N chromosomes) et les fréquences des gènes. Une première tâche de la génétique des populations est alors d'étudier les relations qui unissent les deux catégories de fréquences. Elles dépendent des règles statistiques qui président au choix des conjoints, qui se fera soit au hasard (panmixie), soit en fonction de critères favorisant des corrélations gamétiques (consanguinité et homogamie). D'autre part, les fréquences géniques sont soumises à des facteurs évolutifs dont le plus important est la sélection naturelle ; l'étude purement mathématique de celle-ci conduit à la réalisation de modèles formels qui peuvent être comparés aux situations réelles observées dans la nature ou réalisées au laboratoire. Les mutations, autre facteur de variation des fréquences géniques, sont, bien entendu, la source ultime de toute diversité génétique, puisqu'il s'agit de changement brusque à l'intérieur d'un gène ; leur rôle immédiat, le plus facilement observable, est de maintenir, dans les populations, des gènes que la sélection naturelle aurait pu éliminer en l'absence de mutation (lorsque celle-ci n'est pas défavorable au porteur).
Les fréquences géniques déterminées mathématiquement, compte tenu de l'action combinée de ces différents facteurs, ne sont valables que pour des effectifs très grands, pratiquement infinis. Quand le nombre des géniteurs d'une génération est faible, les hasards de la reproduction individuelle ne sont plus suffisamment amortis, et la composition g […]
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