2. État naturel et préparation
Le polonium 210 est présent dans les minerais uranifères en équilibre radioactif à la concentration de 7,6 × 10—11 gramme par gramme d'uranium. Son abondance dans l'écorce terrestre peut donc être évaluée à environ 10—13 p. 100. Sa période est assez longue pour que des traces puissent être extraites directement des minerais d'uranium, mais le traitement de ces derniers est très laborieux en raison de leur très faible teneur (environ 0,05 mg de 210Po par tonne de pechblende de Joachimsthal). Aussi les sources naturelles de 210Po que l'on traite habituellement sont-elles soit le radio-plomb, plomb contenant en très faible proportion du 210Pb (autrefois nommé radium D), qui est un sous-produit du traitement des minerais uranifères, soit le 210Pb récupéré par lavage de vieilles ampoules de radon. Le 210Pb, dont la demi-vie est de 22,20 ans, produit par désintégration le 210Bi (autrefois nommé radium E), qui produit le 210Po ; on peut donc extraire le 210Po accumulé dans ses solutions. Le procédé le plus simple consiste à effectuer un dépôt spontané sur une lame d'argent en milieu faiblement chlorhydrique, nitrique ou acétique. Le dépôt est pratiquement exempt de 210Pb et de 210Bi. En revanche, ce dernier élément accompagne le polonium si le dépôt est réalisé sur nickel. Le polonium déposé sur support d'argent peut ensuite être isolé par dissolution dans l'acide nitrique de la lame et précipitation de l'argent à l'état de chlorure par addition d'acide chlorhydrique. Les quantités de polonium extraites des sources naturelles n'ont généralement pas excédé quelques centaines de millicuries.
Des quantités pondérables (échelle du gramme) sont synthétisées à partir du bismuth que l'on soumet au flux neutronique intense d'un réacteur nucléaire. Le polonium 210 est formé suivant le processus :

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