4. L'échec des réformes
Lorsque Gomulka partit en décembre 1970, son successeur Edward Gierek déclara que les erreurs sérieuses qui ont été commises par l'ancienne direction du parti ont abouti à une crise politique ouverte et finalement ont mené le pays au bord de la catastrophe. Selon Gierek, la tragédie est venue du fait que rien n'a été tenté sur le plan politique et que « l'emploi de la force – rien que de la force – a été la seule réponse aux manifestations ouvrières ».
Mais Gierek ne tirera pas les conclusions de son propre diagnostic. L'année 1976 avec l'emploi de la force – rien que de la force – le prouvera. Toutefois, il ne s'agirait pas uniquement de la question de l'emploi de la force.
La Pologne des années 1971-1983 se caractérise, en effet, par la continuité des crises cycliques de plus en plus graves issues d'un hiatus qui va en s'approfondissant entre le pouvoir du parti dirigeant (inscrit dans la Constitution en février 1976) et la majorité de la société. Par ailleurs, l'emprise soviétique issue des accords de Yalta provoque de plus en plus le mécontentement de la population, surtout à mesure que celle-ci réalise que les dispositions des accords de Yalta sur les élections libres et démocratiques en Pologne devant aboutir à un gouvernement légal n'ont pas été respectées.
La période 1977-1983 a été riche en publications, d'abord clandestines, puis légales, qui dévoilaient les faits historiques passés sous silence ou déformés durant trente ans. Ainsi, l'un des traits significatifs des dernières années a été la prolifération des documents et des commentaires historiques indiquant notamment qu'en 1944-1945 la majorité de la population soutenait le gouvernement polonais en exil à Londres et non celui que soutenait Moscou, que les groupements prosoviétiques étaient minoritaires et, enfin, que les élections de janvier 1947, prévues par les grandes puissances à Yalta, ont été falsifiées (selon les publications non gouvernementales) ou qu'elles « ne furent pas aussi régul […]
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