4. Une politique de la demande
La politique de la demande est, la plupart du temps, reléguée en seconde position par rapport à celle de l'offre – une attitude liée à une culture d'énergie abondante et bon marché, qui en période de hausse des prix devient une erreur majeure. Aujourd'hui, de très nombreux éléments se conjuguent pour donner une place prioritaire à la politique de la demande. La loi française sur l'énergie de 2005, dont le titre 1 est consacré à la maîtrise de la demande, illustre (au moins sur le plan des principes) cette priorité. On ne saurait trop insister sur l'importance de l'amélioration de l'efficacité énergétique, puisque nous pourrions vivre de la même façon, selon des critères purement économiques, en consommant 20 p. 100 d'énergie en moins. Ce changement structurel majeur dans la maîtrise de la demande auquel invite la hausse des prix a des effets positifs directs sur la facture énergétique, sur la dépendance énergétique et sur la sécurité des approvisionnements, puisque les volumes consommés sont moindres. Malheureusement, l'amélioration de l'efficacité énergétique ne va pas de soi : les particuliers sont peu enclins à faire un investissement dont la rémunération est différée dans le temps et les habitudes budgétaires permettent plus facilement d'inscrire une dépense courante qu'un investissement non indispensable.
Les principaux gisements d'économies d'énergie se situent dans l'habitat et dans le secteur tertiaire (rénovation des bâtiments anciens, équipements plus efficaces...), dans le transport (consommation des véhicules), dans l'industrie (régulation des flux et efficacité des équipements). Les outils d'une politique d'efficacité sont les normes et les standards, l'information (automobiles et équipements ménagers), les incitations, subventions et mesures fiscales. Par ailleurs le développement de nouvelles technologies occupe une place essentielle. Une politique de la demande doit faire place au traitement de la « pauvreté énergétique » qui touch […]
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