3. Une politique de l'offre
Toute politique nationale de l'énergie se préoccupe de la nature de l'offre. Une bonne illustration en est la position du président George W. Bush au début de son premier mandat (2001). Devant la dépendance croissante des États-Unis vis-à-vis des importations de pétrole, le président, proche s'il en est de l'industrie pétrolière, donnait priorité à l'offre additionnelle de pétrole pour nourrir une croissance américaine énergivore. Les objectifs étaient, aux États-Unis mêmes, de lever les contraintes environnementales interdisant les opérations d'exploration-production dans les territoires protégés ; et, à l'extérieur, de persuader les États d'ouvrir largement leurs territoires aux investisseurs internationaux. L'invasion de l'Irak, quoi qu'on ait pu en dire, s'insérait dans une même perspective. Deux autres éléments complétaient cette approche : le développement des ressources nationales (charbon, nucléaire) et l'accélération du développement des technologies du futur (capture et séquestration du carbone, hydrogène, biocarburants, énergie solaire).
Au-delà de cet exemple, qui doit être aujourd'hui relativisé (cf. chap. 5, La politique énergétique des États-Unis), la politique de l'offre doit tenir compte non seulement des coûts économiques de chaque filière, mais aussi des coûts sociaux qui lui sont associés (pollutions de tous ordres, risques d'accidents, impact écologique). L'équilibre entre une politique de moindre coût économique et une politique de moindre coût social est délicat et, comme de très nombreuses incertitudes sont associées à la mesure et à l'évolution des coûts, il importe de se donner comme principe stratégique général l'impératif de diversification. Aucune source d'énergie n'est parfaite et nous avons besoin de toutes les filières existantes pour les expérimenter, pour en affiner le bilan global et pour trouver, en fonction des disponibilités locales, le meilleur « bouquet », qui présentera la meilleure diversification possible (cf. chap. […]
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