Dominique Vivant Denon (1747-1825) n’est pas un homme de lettres au sens que donne à l’expression le xviiie siècle. Il fut graveur de talent, dessinateur durant l’ expédition d’Égypte, diplomate, voyageur, dramaturge, directeur des musées nationaux, historien d’art et, presque accidentellement, auteur d’un court récit libertin, Point de lendemain, publié en 1777 sans nom d’auteur dans lesMélanges littéraires ou journal des dames, puis en 1812, dans une version modifiée, chez Pierre Didot.
Par son goût de la conversation, son amour des femmes, sa légèreté, sa prudence avisée – il servit tous les régimes –, son désir de savoir, ses talents et sa curiosité, Vivant Denon appartient pleinement au xviiie siècle. Mais par sa gestion du patrimoine artistique lors de la création du musée du Louvre, il annonce le xixe siècle et la construction de la mémoire nationale. D’o ù la tentation de considérer Point de lendemain comme un dernier regard porté sur cette douceur de vivre, qui semble le mieux caractériser le siècle qui s’a chève.
Le […]
