En juin 1997, la revue Po&sie fêta son vingtième anniversaire en publiant un quatre-vingtième numéro spécial ainsi qu'une anthologie des livraisons antérieures. Si « au milieu du mot „poésie“ un homme se gratte la tête et ronchonne » (Eluard), c'est que la poésie est devenue à elle-même question. Et c'est bien le projet de cette revue que de ne cesser d'interroger « l'inquiétude de la poésie sur son essence, le risque de sa dislocation moderne et l'humour qui anticipe sur une réunion ». En ouverture au no 80, Michel Deguy, fondateur et rédacteur en chef de la revue, écrit : « Tout est traduction [...]. La poésie se dit multiplement – énoncé qui n'est pas précaution d'éclectisme. » Le champ des genres et des langues, la multiplicité des voix et des démarches caractérisent l'aventure qui, de trimestre en trimestre, mesure le territoire sans frontière de « l'extrême contemporain ». Aires temporelles et linguistiques sont au maximum de leur amplitude : Eschyle ou Sophocle, Guy Le Fevre de la Boderie, Kosovoï, Olson ou Hölderlin voisinent avec de jeunes poètes (Xavier Bordes, Hédi Kaddour, Emmanuel Moses dans le no 43), les traductions du chinois (t […]
