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MÉTAPHYSIQUES POÈTES

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3.  Affinités et dissemblances

Affinités et dissemblances se révèlent à travers d'autres formes d'imagination et de pensée. Ainsi chez Donne et chez Herbert, le sens vivant des « doubles natures », de la conjonction nécessaire entre l'âme et le corps, le surnaturel et la nature, le divin et l'humain, oriente l'imagination poétique vers le paradoxe de l'Incarnation, favorise l'interpénétration de l'abstrait et du concret dans le style. Mais à travers les nuances mêmes de l'expression se discerne chez Crashaw et, d'une autre façon, chez Vaughan, une confusion du sensible et du spirituel, tandis que s'affirme diversement chez Marvell et chez Traherne la séparation ou la secrète identité de la sensation et de l'idée. Du point de vue de l'histoire de la pensée, ces poètes devraient se répartir entre les divers courants philosophiques et religieux qui traversent leur époque. L'unité ne se découvre pas même en leur commune attention à la vie intérieure, qui, aux yeux de certains critiques, justifierait le titre de poésie psychologique plutôt que métaphysique. On sait comment l'égocentrisme chez Donne s'élève à la conscience de soi, provoque l'analyse psychologique, conduit à l'ironie envers soi et à l'ambiguïté ; comment le désir exaspéré de se connaître ou de se rejoindre dicte l'attitude même du poète envers l'amour, envers la mort, envers Dieu. Un mode de conscience analogue se dessine chez Herbert. Que Crashaw, tout à l'opposé, ne cherche qu'à s'oublier et se perdre dans la contemplation extatique ne saurait surprendre. Mais la conscience de soi chez Vaughan n'est qu'un diffus sentiment de soi qui se projette sur la nature dans un mouvement de sympathie animiste. Fugitive chez Marvell, constante chez Traherne, s'affirme une « conscience de conscience » qui se désintéresse des passions de l'âme et des mouvements du cœur pour devenir contemplation pure de la pensée ou analyse intellectuelle des opérations de l'esprit. Elle trouve son expression purement philosophique dans les œuvres […]

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ANGLAIS (ART ET CULTURE) - Littérature

Écrit par :  Elisabeth ANGEL-PEREZJacques DARRASJean GATTÉGNOChristine JORDISAnn LECERCLEMario PRAZ

Dans le chapitre " Des poètes métaphysiques à la satire"  : …  1648) et dans l'âge mûr de Rimes saintes (Noble Numbers, 1647) –, tandis que les *« métaphysiques » continuent la manière de Donne : George Herbert (1593-1633), qui tire des applications morales de l'aménagement d'une église (The Temple, 1633), donne à la manière métaphysique un coloris dévot et parfois terre-à-terre ;… Lire la suite
CAREW THOMAS (1595-1639)

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

… *Fils de sir Matthew Carew, juriste éminent, qui siégea à la Haute Cour de justice (Chancery), ce poète « cavalier », après des études à Merton College (Oxford), voyagea sur le continent en qualité de secrétaire de sir Dudley Carleton, ambassadeur à Venise, puis à La Haye. Il servit également lord Herbert of Cherbury (1583-1648),… Lire la suite
CAVALIERS POÈTES

Écrit par :  Louis BONNEROT

… *Par une distinction sociale et politique plutôt que littéraire, on nomme poètes cavaliers, au milieu du xviie siècle, les poètes profanes, antipuritains, qui ont appartenu au parti royaliste. Successeurs de Ben Jonson, ils tirent de lui des exemples de sobriété et de régularité qui préparent le classicisme ; ils continuent aussi… Lire la suite
CLEVELAND JOHN (1613-1658)

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

… *Très célèbre en son temps par ses poèmes satiriques en faveur de la cause royaliste, John Cleveland, étudiant à Christ Church (Cambridge), s'y fit remarquer par son aptitude au latin, et devint, en 1634, fellow de St. John's où il enseigna pendant quinze ans. Il y acquit la réputation d'un debater accompli. Peu après le début de… Lire la suite
DONNE JOHN (1572-1631)

Écrit par :  Robert ELLRODT

Chef de file des poètes « * métaphysiques », John Donne a régné par l'esprit, ou wit, sur la poésie anglaise de l'âge baroque. Il n'a jamais sombré dans l'oubli : Pope l'apprécie, Coleridge l'admire, Browning l'imite. Mais sa fortune n'atteint un nouvel apogée qu'au xxe siècle.… Lire la suite
DRYDEN JOHN (1631-1700)

Écrit par :  Jacques BLONDEL

Dans le chapitre "Un homme prudent"  : …  devient poète lauréat. Annus Mirabilis est écrit en trois cent quatre strophes « héroïques », vigoureuses, mais monotones à la longue ; toutefois, le style, qui se veut proche du classicisme de Malherbe, abonde en ornements qui rappellent la dette de Dryden envers ses contemporains, les « poètes *métaphysiques » tels que Cowley (1618-1667… Lire la suite
HERBERT GEORGE (1593-1633)

Écrit par :  Universalis

…  la liberté parfaite. Herbert partage ses contradictions avec John Donne (1572-1631), archétype du *poète métaphysique et ami de la famille. En plus de poèmes personnels, The Temple comporte des poèmes ayant trait à la doctrine, en particulier « The Church Porch », le premier du recueil, et « The Church Militant », le dernier. D'autres… Lire la suite
MARVELL ANDREW (1621-1678)

Écrit par :  Robert ELLRODT

Dans le chapitre "Puritanisme et lyrisme"  : …  artificielle la densité d'expérience, la multiplicité de perspectives qui distinguent la poésie « * métaphysique ». Marvell, comme John Donne, se met volontiers « en situation », présente un moment d'expérience qui tire de sa singularité dans le temps et l'espace toute son intensité. Mais il n'a pas l'intuition d'une éternité qui serait la… Lire la suite
POÉSIES, livre de John Donne

Écrit par :  Claude-Henry du BORD

JohnDonne *John Donne (1572-1631) est sans doute le plus grand des « poètes métaphysiques » de l'âge élisabéthain, selon l'expression de Samuel Johnson, éminent critique du siècle des Lumières. Né de parents catholiques, l'auteur des Sonnets sacrés (1633) se rallie à l'Église anglicane enLire la suite
RALEIGH sir WALTER (1552-1618)

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

… *Soldat, courtisan, explorateur, colonisateur, homme d'État, poète, historien et par-dessus tout un des esprits les plus distingués d'une période éminente de l'histoire d'Angleterre, sir Walter Raleigh (ou Ralegh) fut un personnage considérable des règnes d'Élisabeth Ire et de Jacques Ier. Il offrit sa tête au bourreau, après… Lire la suite
ROCHESTER JOHN WILMOT DE (1647-1680)

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

… *John Wilmot, deuxième comte de Rochester (son père avait été anobli par Charles II pour le rôle qu'il avait joué en protégeant le roi à la bataille perdue de Worcester, en septembre 1651), naquit à Ditchley, près de Woodstock dans l'Oxfordshire. Il fut inscrit au Wadham College, à Oxford (d'où devait sortir la Royal Society) en 1659-1660, l'année… Lire la suite
SOUTHWELL ROBERT (1561-1595)

Écrit par :  Universalis

… *Poète et martyr, jésuite et missionnaire qui vécut dans la sainteté à une époque de persécutions, Southwell a composé des poèmes d'inspiration religieuse annonçant George Herbert et Richard Crashaw. Éduqué dans des collèges de jésuites en France et à Rome, il fut ordonné prêtre en 1585 et devint préfet des études au collège anglais de Rome. En 1586… Lire la suite
SUCKLING JOHN (1609-1642)

Écrit par :  Universalis

… *Poète, cavalier, dramaturge et courtisan, célèbre surtout pour ses poèmes lyriques, Suckling était gentilhomme de la chambre de Charles Ier d'Angleterre et ami de Thomas Carew, de Richard Lovelace et de sir William d'Avenant. Lorsque la guerre contre l'Écosse éclata, en 1639, Suckling leva à ses frais une troupe de cavaliers et… Lire la suite

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