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MÉTAPHYSIQUES POÈTES

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John Donne

La poésie « métaphysique » anglaise, contemporaine et proche parente de la poésie que l'on dit baroque sur le Continent, est-elle une école – l'école de Donne –, un style, un ordre esthétique, un mode de sensibilité, un moment de l'histoire littéraire ou une catégorie universelle ? Le critique soucieux de précision en définira l'esprit dominant, les formes distinctives, sans rechercher une classification rigide.

On peut dire de cette poésie ce que Jean Wahl disait de la philosophie de Heidegger : « Nous [y] sentons à la fois une tendance vers une individualité extrême et une tendance vers une totalité sentie du monde. » Le conceit n'y est pas un simple jeu d'esprit mais le trait d'union fulgurant entre deux ordres de réalité : l'esprit et la matière, le surnaturel et la nature, le divin et l'humain.

La poésie métaphysique trouve ses accents les plus émouvants dans l'expression de la perplexité, dans l'angoisse d'une authentique révolution culturelle, dans le clair-obscur d'une transition entre deux mondes, l'un mourant, l'autre s'efforçant de naître.

1.  Approximations

« Vers le début du xviisiècle, apparut une lignée d'écrivains qu'on peut nommer les poètes métaphysiques. » Ce jugement de Samuel Johnson dans sa Vie de Cowley fit la fortune d'un terme ambigu dès l'origine, souvent contesté, mais consacré par l'usage. Le grand critique classique reprochait à Donne et à ses émules de concevoir l'esprit ou wit comme une discordia concors : « une combinaison d'images dissemblables ou la découverte de ressemblances occultes entre des choses apparemment différentes ». Mais dès lors que Coleridge définit l'imagination poétique comme « l'équilibre ou la conciliation de qualités contraires ou discordantes », ou que T. S. Eliot déclare l'esprit du poète « sans cesse occupé à amalgamer des données disparates de son existence », ce qui faisait l'artifice ou l'étrangeté de cette poésie devient son privilège et son prestige. La raideur même de la dialectique, jadis signe de froideur, rehausse la passion quand Co […]

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ANGLAIS (ART ET CULTURE) - Littérature

Écrit par :  Elisabeth ANGEL-PEREZJacques DARRASJean GATTÉGNOChristine JORDISAnn LECERCLEMario PRAZ

Dans le chapitre " Des poètes métaphysiques à la satire"  : …  1648) et dans l'âge mûr de Rimes saintes (Noble Numbers, 1647) –, tandis que les *« métaphysiques » continuent la manière de Donne : George Herbert (1593-1633), qui tire des applications morales de l'aménagement d'une église (The Temple, 1633), donne à la manière métaphysique un coloris dévot et parfois terre-à-terre ;… Lire la suite
CAREW THOMAS (1595-1639)

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

… *Fils de sir Matthew Carew, juriste éminent, qui siégea à la Haute Cour de justice (Chancery), ce poète « cavalier », après des études à Merton College (Oxford), voyagea sur le continent en qualité de secrétaire de sir Dudley Carleton, ambassadeur à Venise, puis à La Haye. Il servit également lord Herbert of Cherbury (1583-1648),… Lire la suite
CAVALIERS POÈTES

Écrit par :  Louis BONNEROT

… *Par une distinction sociale et politique plutôt que littéraire, on nomme poètes cavaliers, au milieu du xviie siècle, les poètes profanes, antipuritains, qui ont appartenu au parti royaliste. Successeurs de Ben Jonson, ils tirent de lui des exemples de sobriété et de régularité qui préparent le classicisme ; ils continuent aussi… Lire la suite
CLEVELAND JOHN (1613-1658)

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

… *Très célèbre en son temps par ses poèmes satiriques en faveur de la cause royaliste, John Cleveland, étudiant à Christ Church (Cambridge), s'y fit remarquer par son aptitude au latin, et devint, en 1634, fellow de St. John's où il enseigna pendant quinze ans. Il y acquit la réputation d'un debater accompli. Peu après le début de… Lire la suite
DONNE JOHN (1572-1631)

Écrit par :  Robert ELLRODT

Chef de file des poètes « * métaphysiques », John Donne a régné par l'esprit, ou wit, sur la poésie anglaise de l'âge baroque. Il n'a jamais sombré dans l'oubli : Pope l'apprécie, Coleridge l'admire, Browning l'imite. Mais sa fortune n'atteint un nouvel apogée qu'au xxe siècle.… Lire la suite
DRYDEN JOHN (1631-1700)

Écrit par :  Jacques BLONDEL

Dans le chapitre "Un homme prudent"  : …  devient poète lauréat. Annus Mirabilis est écrit en trois cent quatre strophes « héroïques », vigoureuses, mais monotones à la longue ; toutefois, le style, qui se veut proche du classicisme de Malherbe, abonde en ornements qui rappellent la dette de Dryden envers ses contemporains, les « poètes *métaphysiques » tels que Cowley (1618-1667… Lire la suite
HERBERT GEORGE (1593-1633)

Écrit par :  Universalis

…  la liberté parfaite. Herbert partage ses contradictions avec John Donne (1572-1631), archétype du *poète métaphysique et ami de la famille. En plus de poèmes personnels, The Temple comporte des poèmes ayant trait à la doctrine, en particulier « The Church Porch », le premier du recueil, et « The Church Militant », le dernier. D'autres… Lire la suite
MARVELL ANDREW (1621-1678)

Écrit par :  Robert ELLRODT

Dans le chapitre "Puritanisme et lyrisme"  : …  artificielle la densité d'expérience, la multiplicité de perspectives qui distinguent la poésie « * métaphysique ». Marvell, comme John Donne, se met volontiers « en situation », présente un moment d'expérience qui tire de sa singularité dans le temps et l'espace toute son intensité. Mais il n'a pas l'intuition d'une éternité qui serait la… Lire la suite
POÉSIES, livre de John Donne

Écrit par :  Claude-Henry du BORD

JohnDonne *John Donne (1572-1631) est sans doute le plus grand des « poètes métaphysiques » de l'âge élisabéthain, selon l'expression de Samuel Johnson, éminent critique du siècle des Lumières. Né de parents catholiques, l'auteur des Sonnets sacrés (1633) se rallie à l'Église anglicane enLire la suite
RALEIGH sir WALTER (1552-1618)

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

… *Soldat, courtisan, explorateur, colonisateur, homme d'État, poète, historien et par-dessus tout un des esprits les plus distingués d'une période éminente de l'histoire d'Angleterre, sir Walter Raleigh (ou Ralegh) fut un personnage considérable des règnes d'Élisabeth Ire et de Jacques Ier. Il offrit sa tête au bourreau, après… Lire la suite
ROCHESTER JOHN WILMOT DE (1647-1680)

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

… *John Wilmot, deuxième comte de Rochester (son père avait été anobli par Charles II pour le rôle qu'il avait joué en protégeant le roi à la bataille perdue de Worcester, en septembre 1651), naquit à Ditchley, près de Woodstock dans l'Oxfordshire. Il fut inscrit au Wadham College, à Oxford (d'où devait sortir la Royal Society) en 1659-1660, l'année… Lire la suite
SOUTHWELL ROBERT (1561-1595)

Écrit par :  Universalis

… *Poète et martyr, jésuite et missionnaire qui vécut dans la sainteté à une époque de persécutions, Southwell a composé des poèmes d'inspiration religieuse annonçant George Herbert et Richard Crashaw. Éduqué dans des collèges de jésuites en France et à Rome, il fut ordonné prêtre en 1585 et devint préfet des études au collège anglais de Rome. En 1586… Lire la suite
SUCKLING JOHN (1609-1642)

Écrit par :  Universalis

… *Poète, cavalier, dramaturge et courtisan, célèbre surtout pour ses poèmes lyriques, Suckling était gentilhomme de la chambre de Charles Ier d'Angleterre et ami de Thomas Carew, de Richard Lovelace et de sir William d'Avenant. Lorsque la guerre contre l'Écosse éclata, en 1639, Suckling leva à ses frais une troupe de cavaliers et… Lire la suite

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