4. Variantes
L'âge d'or de la poésie scaldique se situe entre le ixe et le xiie siècle. D'abord purement païenne, elle fait, après la christianisation, un effort pour éliminer des kenningar noms des dieux et références aux mythes, ce qui lui confère, un temps, une plus grande simplicité, puis, au xiie siècle, en vertu d'un mouvement général de retour aux sources, on assiste à une réactivation de l'ancien style. Outre les noms déjà cités, il faut mentionner la Glymdrápa de Thorbjörn hornklofi et le Hákonarmál d'Eyvindr skáldaspillir, tous deux Norvégiens. Parmi les Islandais, il faut nommer Egill Skallagrímsson, le plus grand de ces poètes, capable d'éblouissante virtuosité (Höfud–slausn), de lyrisme bien sonnant (pour déplorer la disparition d'un ami cher : Arinbjarnarkvid–a) et d'un pathétique d'une force tragique poignante dans le Sonatorrek où il lamente la perte irréparable de ses fils ; les scaldes amoureux Kormákr Ögmundarson (xe s.), Hallfred–r Óttarsson (xie s.), Thormód–r Kolbrúnarskáld et Gunnlaugr Ormstunga ; puis, parmi la légion des poètes de cour, avant tout Sighvatr Thórd– arson (env. 995-1045), dont les Strophes lyriques (Bersöglisvísur) sont un des sommets du genre, ainsi que Thjód–ólfr Arnórsson et Arnórr Thórd–arson. Un chrétien, Einarr Skúlason, compose en 1153 un autre chef-d'œuvre à la mémoire de saint Olaf, le Geisli. Le genre entre en décadence dès le xiiie siècle, et, quoique les grands Sturlungar, Snorri Sturluson, Sturla Thórd–arson et son frère Óláfr, et Jón Murti Egilsson soient de bons scaldes, l'esprit de la poésie scaldique semble perdu. Il survivra partiellement dans les rimur, sortes de ballades populaires islandaises qui feront florès jusqu'à la fin du Moyen Âge.
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