2. Thèmes et sujets
Il semble en effet que le principal objet des poèmes scaldiques ait été, sur un schème conventionnel à souhait : « Que l'on fasse silence pour écouter ma parole... je célèbre les hauts faits de X... lui qui a vaillamment combattu à... Il a rassasié le corbeau... Son nom vivra longtemps », de célébrer les hauts faits du prince. Principal, mais non exclusif ni, probablement, premier. D'autres poèmes s'appliquent à décrire amoureusement des objets précieux, boucliers ou tentures, soutenant des mythes ou des légendes héroïques (telle la Ragnarsdrápa de Bragi) ; les poèmes généalogiques, comme l'Ynglingatal du Norvégien Thjód–ólfr inn hvinverski (xe s.), formeront un genre particulier ; plus rares sont les œuvres purement mythologiques (Thórsdrápa d'Eilífr Gud–rúnarson, fin xe s.) ; les épitaphes (erfiljód) se rapprochent davantage du genre laudatif ; enfin, l'inspiration amoureuse et même érotique a produit plus d'un poème de même que la verve satirique. Il existe, en outre, quantité de petites strophes de circonstance ou lausavísur qui vantent un exploit particulier, commentent un incident de la vie du poète, célèbrent un dieu ou tout simplement développent à loisir une belle image : on songe, avec quelque cinq siècles d'avance, aux Grands Rhétoriqueurs. Parmi ces textes, il en est de nombreux qui font partie intégrante des grandes sagas islandaises, dont certaines semblent avoir été écrites à seule fin de les faire valoir (telle Kormáks Saga). Malgré son paganisme évident, le genre survivra à la christianisation du Nord, « Blanc-Christ » et saints remplaçant les Ases, les rois et les héros anciens.
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