2. L'« Histoire naturelle »
Pline assure qu'il avait utilisé deux mille volumes pour rassembler la matière de cette vaste enquête sur la nature. Il donne l'indication de ses sources. La curiosité de Pline ne se limite pas aux phénomènes naturels proprement dits, mais à tout ce qui trouve sa matière dans la nature, par exemple les œuvres d'art (statuaire, peinture). En composant cet ouvrage, Pline suit l'exemple des encyclopédistes romains qui l'ont précédé (notamment Varron, au siècle précédent). Une intention philosophique domine l'œuvre : l'idée d'une Nature « souveraine créatrice et ouvrière de la Création » (Hist. nat., XXII, 117 ; XXIV, 1, etc.), idée surtout stoïcienne en son principe, mais assez généralement répandue à Rome. Elle explique que l'auteur déclame volontiers contre tout ce qui déforme et corrompt la nature : le luxe, les mœurs déréglées, etc. L'Histoire naturelle a des résonances morales qui font écho aux idées reçues alors : il serait injuste de voir dans ces pages des développements de pure rhétorique.
Le premier livre est la liste des sources. Le livre II expose la structure de l'univers. Les livres III et IV sont consacrés à la géographie : les livres VII à XI aux animaux (êtres humains et autres, tous les animalia, ce qui est animé) ; les livres XII à XIX à la botanique ; les livres XX à XXXII à la médecine ; les livres XXXIII à XXXXVII aux minéraux, métaux, pierres et œuvres d'art exécutées à partir de ces matériaux.
L'Histoire naturelle contient donc la somme des connaissances de ce temps, connaissances fort mêlées, les unes déjà scientifiques, la grande masse de caractère folklorique. Les conceptions générales sur la structure du monde, dont le Soleil est l'âme, et où la divinité, unique, est partout, se rattachent plus à une vulgate philosophique qu'à une école déterminée. Les données sur les peuples et les pays lointains sont empruntées au stoïcien Posidonius ; Pline tient compte aussi des explorations effectuées plus récemment. Son livre est un bilan, et longtemps il symbolisera tout le savoir humain.
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