Les placodermes constituent un groupe de vertébrés fossiles pourvus de mâchoires et d'une robuste carapace faite de plaques d'os dermiques – d'où leur nom. Ils ont vécu depuis le Silurien supérieur, mais surtout pendant le Dévonien, soit pendant une période de temps du Paléozoïque moyen qui s'étend sur environ 50 millions d'années (Ma). Les plus anciens ont été découverts dans des couches géologiques du Silurien de Chine du sud et du Vietnam. Les plus récents sont datés du Dévonien supérieur (360 Ma) et ont été collectés dans les grès rouges de la côte est du Groenland. Mais des restes de même âge sont connus en Australie, en Afrique du Sud, en Turquie, aux États-Unis, en Belgique et en Écosse. Tous les continents où affleurent des niveaux géologiques datés du Dévonien ont livré leurs restes en plus ou moins grande abondance, témoignant ainsi de leur place importante dans la biodiversité de cette époque.
Depuis leur apparition, les placodermes présentent une grande diversité de formes et de tailles, allant de quelques centimètres jusqu'à plusieurs mètres de longueur. Ils ont adopté la plupart des régimes alimentaires. On connaît ainsi des filtreurs de vase, des formes benthiques précurseurs des raies, des broyeurs de coquilles et des prédateurs actifs de pleine eau comme Dunkleosteus, l'un des plus grands prédateurs marins connus. Ils se sont principalement diversifiés en milieu marin, mais certains placodermes sont aussi connus dans des dépôts géologiques d'eau douce. Leur carapace se fossilise facilement, si bien que leur registre paléontologique est assez complet. Chaque année, cependant, de nouvelles formes sont décrites, et plusieurs centaines d'espèces sont aujourd'hui connues. Les placodermes offrent un excellent modèle pour l'analyse des modalités de l'évolution des gnathostomes au début de leur histoire.
1. Plan d'organisation
Tous les groupes naturels de placodermes partagent la même disposition de leurs plaques dermiques en deux ensembles : un toit crânien et une cuirasse thoracique en forme d'an […]
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