Une carrière éclatante (cent vingt pièces, trente mille représentations). Tirant le meilleur parti d'un genre qu'il contribua à élaborer et qui triompha, de 1800 à 1830, sur les scènes françaises, Guilbert de Pixérécourt mérite bien le nom de père du mélodrame.
Issu d'une vieille famille lorraine, il reçoit d'un père sévère et quelque peu brutal une éducation destinée à tremper son caractère. Après des études brillantes au collège de Nancy, il fait son droit et choisit de se consacrer au barreau lorsque son père lui enjoint d'aller rejoindre à Coblence l'armée de Condé. Après huit mois de campagne, il décide de rentrer en France où, frôlant la mort à plusieurs reprises, il traverse la tempête révolutionnaire en vivant des aventures dignes des héros de son futur théâtre. Cet ancien aristocrate se retrouve finalement sous les ordres de Carnot à la section de la Guerre. Il se marie, enlumine des éventails pour subvenir aux besoins de son jeune ménage, et n'arrête pas d'écrire : idylles, comédies, opéras bouffes, etc., tous refusés, à l'exception d'une première pièce, Sélico ou les Nègres généreux, acceptée simultanément dans deux théâtres, mais qui ne sera en fin de […]
