5. La fortune de Piranèse
Francesco Piranesi prit la succession à la tête des ateliers paternels, à Rome d'abord, puis à Paris où il ouvrit avec son frère et sa sœur, rue de l'Université, la chalcographie Piranesi Frères. En 1830, les cuivres furent acquis par Firmin Didot et plusieurs éditions virent encore le jour jusqu'en 1839 où les planches revinrent à Rome ; elles sont aujourd'hui à la Calcografia nazionale.
Répandues à Paris à l'aube du xixe siècle, les planches de Piranèse ne furent pas sans influencer les ornemanistes du style Empire qui firent triompher l'égyptomanie. L'espèce de désintégration à laquelle Piranèse, architecte, avait soumis les structures classiques et baroques, l'amalgame hardi de formes empruntées à des civilisations différentes, les recherches systématiques de contrastes d'échelle préparaient les innovations des architectes « révolutionnaires » de France, d'Angleterre et d'Italie. C'est surtout l'artiste visionnaire qui laissa dans les imaginations un ferment vivace : aux États-Unis, l'art de Salisbury Field (1805-1900) est redevable aux rêves et à la mégalomanie de Piranèse.
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