3. L'architecte
Piranèse bénéficiait de la protection des Rezzonico, Vénitiens comme lui. Lorsque l'un d'eux devint pape sous le nom de Clément XIII, la fortune de l'artiste fut à son comble. C'est surtout à la demande des Rezzonico que Piranèse fut requis d'exercer ses talents d'architecte, particulièrement dans les années 1760-1770. Il donna des dessins pour l'aménagement des appartements pontificaux à Monte Cavallo et à Castel Gandolfo et il médita un projet d'esprit borrominien – non exécuté – pour une nouvelle décoration de l'abside de Saint-Jean-de-Latran (dessins à la Pierpont Morgan Library). W. Körte lui attribue, mais sans preuve, la construction d'un palais, no 6-9, via dei Prefetti, G. Fiocco parle de la restauration de San Nicola in Carcere. Mais il est sûrement l'auteur de la restauration du grand prieuré romain des chevaliers de Malte et de son église, SainteMarie-Aventine ; il fut aussi l'ordonnateur de la place attenante, devant le prieuré : la stèle, le trophée, l'obélisque y sont les éléments privilégiés de son langage décoratif, antiquisant mais symboliste, qui mêle, au nom de l'ordre de Malte, des rostres et les armes de la colonne Trajane en des alliances inattendues et « pittoresques ». Place d'Espagne, on lui devait le décor égyptisant du Café anglais.
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